Le ministre irakien des AE Ibrahim Jaafari reçu par le Premier ministre désigné : Le Liban et l’Irak font face à la même menace terroriste.
Se prononçant publiquement pour la première fois dans l’affaire de la disparition au consulat saoudien, à Istanbul, du journaliste Jamal Khashoggi, le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a choisi hier la voie de la prudence.
« Pour nous prononcer officiellement, nous devons attendre les résultats de l’enquête », a affirmé le chef de la diplomatie, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse conjointe qu’il tenait avec son homologue irakien, Ibrahim al-Jaafari, au palais Bustros.
« Il est tout naturel d’être du côté de la vérité, a expliqué M. Bassil, chaque fois qu’un incident similaire se produit ; et il convient de souligner que seuls les accords internationaux sont en mesure de régler les rapports entre les États, conformément au principe de souveraineté et dans le respect de la légitimité internationale. »
Pour sa part, le ministre irakien a qualifié l’incident « d’étrange, surprenant et répugnant », estimant qu’il y a là » une violation des droits de l’homme ».
Les relations bilatérales
Par ailleurs, les entretiens entre les deux responsables semblent s’être concentrés sur les relations bilatérales entre le Liban et l’Irak, en particulier les échanges commerciaux, avec la réouverture du point de passage de Nassib entre la Syrie et la Jordanie, et l’espoir d’une ouverture prochaine de la voie de transit entre la Syrie et l’Irak.
« Nous avons travaillé ensemble avec l’Irak dans tous les forums internationaux et arabes, et nous avons fait preuve d’une coordination constante, nos positions étaient identiques, dans la fidélité à nos pays et à notre monde arabe », a assuré M. Bassil, ajoutant qu’il espérait l’ouverture de la frontière entre l’Irak et la Syrie, ce qui donnera « plus d’oxygène » à l’économie libanaise et facilitera une intégration économique entre le Liban, la Syrie, l’Irak et la Jordanie ».
Le défi du terrorisme
De son côté, M. Jaafari a affirmé que même si le Liban et l’Irak n’ont pas de frontières communes, les deux pays ont « beaucoup de préoccupations et de défis communs ». Le responsable irakien a désigné en particulier le défi persistant du terrorisme.
Sur un autre plan, M. Jaafari a assuré que « le marché de la reconstruction et de la construction en Irak est ouvert au Liban ». Sur la coopération pétrolière avec le Liban, il a déclaré : « Nous n’hésiterons pas dans tout ce qui sert les intérêts des deux pays. »
Enfin, au sujet des droits des Libanais qui ont quitté l’Irak dans les années 1990, M. Jaafari a déclaré que « la justice irakienne n’hésitera pas à leur donner leurs droits s’ils sont légaux ». Le ministre irakien des Affaires étrangères devrait par la suite reprendre ces thèmes et ses promesses au cours d’un entretien avec le Premier ministre désigné.
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MIEUX VAUT ATTENDRE ET PEUT-ETRE NE POINT SE PRONONCER POUR LE LIBAN !
22 h 23, le 18 octobre 2018