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Diaspora

La voix de stentor de Cynthia Samaha retentit face à la Maison-Blanche

Portrait de femme

Lors du Festival syrien qui vient de se tenir dans la capitale américaine, le public a eu la chance de réécouter la chanteuse libanaise, qui ne l’a pas déçu.

09/10/2018

Elle est là où on l’attend. Simple, authentique, Cynthia Samaha est une artiste hors pair qui n’a de cesse de prouver sa singularité. Elle a la particularité d’être indéniablement elle-même en toutes circonstances.

Est-ce pour cette raison que le public ne l’a pas oubliée malgré une longue absence et qu’elle recommence à se faire connaître sur la scène arabo-américaine ?

Il serait compliqué de parler de cette chanteuse sans s’attarder sur les déchirements qu’elle a subis depuis qu’elle a émigré aux États-Unis, il y a presque dix ans maintenant. Elle venait de se marier et sa carrière commençait à se construire. Avec un diplôme obtenu du Conservatoire national supérieur de musique du Liban, elle avait enchaîné de belles apparitions sur la scène locale libanaise, souvent comme soliste. La liste est longue : elle a chanté avec l’Orchestre symphonique national sous la direction du Dr Walid Gholmieh, mais aussi du maestro Harout Fazlian ou encore du maestro Paul Meers.

Cynthia Samaha avait par ailleurs réussi à se produire ailleurs, notamment lors du festival d’al-Aïn aux Émirats arabes unis, ainsi qu’en Jordanie. Il y a quelques années, le succès frappait déjà à la porte de l’artiste. Mais en émigrant et en décidant de se consacrer à sa vie de famille, elle a fait un choix qui a retardé la progression de sa carrière. Comme beaucoup de mamans installées à l’étranger, elle a donné la priorité à ses trois enfants, à leur épanouissement. Un choix qu’elle ne regrette pas du tout. « La seule chose qui est dure dans ce choix, c’est qu’il m’éloignait du public », reconnaît-elle cependant.

Patiente, elle a voulu donc attendre le moment propice pour redonner rendez-vous à son public. En l’écoutant parler, on se rend à l’évidence, celle de l’alchimie qui lie la jeune maman à ce public. Ni le changement de lieu ni le temps n’y ont rien fait, ce lien est resté intact.

Chercher le public du regard

Depuis un moment, Cynthia Samaha recommence donc à s’imposer comme une artiste à part entière. Après l’ambassade du Liban, l’Alliance française, la scène new-yorkaise dans le cadre d’un programme consacré exclusivement à Mozart au Lincoln Center, la voici qui se produit tout récemment, en face de la Maison-Blanche, dans le cadre du Festival syrien.

Cette fois, l’artiste a joué la carte de la sobriété. Tout habillée de noir, ses cheveux blonds dans le vent, elle défiait la chaleur ambiante. Il faisait chaud, pourtant, ce jour-là… Mais en l’écoutant, le public a oublié les aléas de la météo. La chanteuse non plus ne semblait pas se rendre compte des températures élevées. Sa version des airs de la plus grande diva libanaise, comme Sa’alounil nas, Nassam aalayna el-hawa ou encore Dakhlak ya tayr el-warwar, aurait ému jusqu’à Feyrouz elle-même. Tout habitée par la musique, son regard calme posé sur ses auditeurs, Cynthia Samaha était complètement en osmose avec son environnement.

Quand on évoque cette force tranquille qu’elle dégage, la chanteuse sourit timidement. Ce genre de remarques lui fait certes plaisir, bien qu’elle ne cherche pas les compliments. Ce qui lui tient à cœur, c’est qu’on remarque sa symbiose avec ses auditeurs. « Je ne sais pas pourquoi c’est si primordial pour moi de les chercher du regard, dit-elle. Je sens que ma tâche ne peut être remplie que si je les regarde longuement. Lorsque je chante seule pour me préparer avant de me produire sur scène, le public me manque cruellement. Pour m’encourager, je me dis que le plus beau est à venir. »

La chanteuse prépare maintenant un nouveau projet qui se réalisera dans quelques mois. « Le moment venu, lorsque je serai prête à en parler, je le ferai », souligne-t-elle. En attendant, celle qui est déjà de retour sur la scène artistique arabo-américaine et américaine peut recommencer à chanter de nouveau en espagnol et en italien, confirmant que pour elle, le meilleur est effectivement à venir.

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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