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Économie - Blanchiment

Les nuages s’accumulent pour Danske Bank

Empêtrée dans un énorme scandale de blanchiment, Danske Bank chutait lourdement en Bourse hier. Photo Reuters

Action en chute libre, hémorragie de clients, rebondissements presque quotidiens : les nuages s’amoncellent au-dessus de la première banque danoise, Danske Bank, empêtrée dans un énorme scandale de blanchiment d’argent.

Mi-septembre, un rapport commandé par la banque danoise faisait le point sur les accusations de blanchiment dans sa filiale estonienne révélées par la presse en 2017. Il montrait que cette filiale avait vu transiter quelque 200 milliards d’euros (soit 230 milliards de dollars) à travers les comptes de 15 000 clients étrangers non résidents en Estonie, entre 2007 et 2015, date de la fermeture de ces comptes. Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte, provenant essentiellement de Russie. Ce rapport a coûté son poste au directeur général de l’institution bancaire, Thomas Borgen, remplacé provisoirement par le directeur de la banque pour le Danemark, Jesper Nielsen.

En août, le parquet financier de Copenhague avait ouvert une enquête, toujours en cours, mais le rapport de Danske Bank a aussi attisé l’intérêt de l’autorité danoise des marchés financiers, du régulateur britannique et du ministère de la Justice américain, où des enquêtes ont été enclenchées.

Trading miroir

Ce scandale, assorti de la menace d’une amende colossale, pèse lourdement sur le cours de l’action qui a perdu plus de 40 % de sa valeur depuis le début de l’année.

La dernière révélation en date, hier, était dans le Financial Times et concernait une activité de « trading miroir », une technique légale mais qui éveille les soupçons de la justice. Le quotidien économique se fonde sur un mémo interne selon lequel la filiale estonienne de la banque a réalisé des transactions miroir allant jusqu’à 8,5 milliards d’euros (soit 9,8 milliards de dollars) en 2013. D’après le document consulté par le Financial Times, ces transactions « utilisaient des obligations d’État russes pour permettre aux clients d’effectuer des paiements internationaux de manière » plus rapide, moins chère et plus fiable.L’extraterritorialité des lois américaines, en vertu du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977, permet aux États-Unis de traquer les malversations d’une entreprise partout sur le globe, dès lors que ses transactions transitent par le circuit financier américain ou sont faites en dollars, comme c’est le cas d’une grande partie des transactions incriminées. Outre la nervosité des investisseurs, Danske Bank doit faire face à l’érosion de sa popularité et aux menaces de départ de clients institutionnels. La municipalité de Copenhague étudie de son côté « les possibilités juridiques de mettre fin à la coopération avec Danske Bank », a écrit le maire, Frank Jensen, sur Twitter.

L’ONG Oxfam appelle depuis mi-septembre les communes danoises à fermer leur compte dans la banque. « L’argent de nos contribuables mérite une banque qui travaille de manière univoque pour le bénéfice de la société civile », a twitté la branche danoise de l’ONG.

L’Agence danoise de surveillance des entreprises a annoncé hier enquêter sur l’audit indépendant que la banque avait commandé en 2014 sur ses pratiques. À l’origine des informations sur l’affaire, des relevés bancaires liés à des révélations de l’avocat russe Sergueï Magnitsky, mort mystérieusement en prison en 2009. Son ex-employeur, Hermitage Capital, bataille pour faire la lumière sur les affaires de blanchiment d’argent sur lesquelles il travaillait.

Source : AFP

Action en chute libre, hémorragie de clients, rebondissements presque quotidiens : les nuages s’amoncellent au-dessus de la première banque danoise, Danske Bank, empêtrée dans un énorme scandale de blanchiment d’argent. Mi-septembre, un rapport commandé par la banque danoise faisait le point sur les accusations de blanchiment dans sa filiale estonienne révélées par la presse en 2017. Il montrait que cette filiale avait vu transiter quelque 200 milliards d’euros (soit 230 milliards de dollars) à travers les comptes de 15 000 clients étrangers non résidents en Estonie, entre 2007 et 2015, date de la fermeture de ces comptes. Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte, provenant essentiellement de Russie. Ce rapport a coûté son poste au directeur général de l’institution bancaire, Thomas...
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