La délégation de Human Rights Watch, présidée par Kenneth Roth, était reçue par le président de la République, en présence du ministre de la Justice Salim Jreissati. Photo Dalati-Nohra
Le directeur exécutif de l’organisation Human Rights Watch, Kenneth Roth, a évoqué hier, lors d’un entretien avec le président de la République Michel Aoun à Baabda, la question de la transmission de la nationalité au conjoint et aux enfants dont sont privées les Libanaises mariées à des étrangers, pour laquelle milite l’ONG.
« Réunion aujourd’hui avec le président libanais afin de discuter de la crise des réfugiés syriens (dispense des frais pour tous et pas de pression prématurée pour un retour en Syrie). Consultations étendues concernant la crise des déchets, les actions menées pour mettre fin à la torture et la fin de la discrimination de genre (et de nationalité) pour la transmission de la nationalité », a écrit M. Roth sur son compte Twitter.
Loi « dépassée »
Dans un rapport publié mercredi, HRW avait appelé le Liban à amender sa loi « dépassée » en matière de nationalité afin d’assurer que les enfants et conjoints de femmes libanaises puissent jouir du même droit de citoyenneté que les Libanais.
L’organisation a estimé dans ce rapport que « la loi actuelle (adoptée en 1925) discrimine les femmes mariées à des étrangers, leurs enfants et leurs époux en refusant la citoyenneté à leurs époux et enfants, ce qui affecte presque tous les aspects de leur vie, y compris en matière de droits de séjour et d’accès à la vie professionnelle, à l’éducation, aux services sociaux et aux soins de santé ». À cause de cette loi, « certains enfants risquent d’être apatrides », poursuit le texte.
« Des mesures récentes visant à permettre l’accès à des droits fondamentaux comme l’éducation et le travail pour les enfants et époux de Libanaises constituent un pas dans la bonne direction, mais des mesures décousues et confuses ne peuvent pas servir de substitut à un accès égal à la citoyenneté », a affirmé la vice-directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Lama Fakih.
Le rapport oppose l’argument évoqué par les responsables libanais pour empêcher ce transfert de nationalité, à savoir que « permettre aux femmes ayant épousé des Palestiniens de transmettre leur nationalité ébranlerait l’équilibre confessionnel libanais », à un recensement effectué en 2016, selon lequel seuls 3 707 chefs de famille palestiniens sont mariés à une épouse d’une autre nationalité.
Et les réfugiés…
M. Roth s’est également prononcé, au cours de cet entretien avec M. Aoun, contre un retour prématuré des réfugiés syriens dans leur pays. À cela, le président a répondu que « la majorité des réfugiés qui sont rentrés chez eux avaient exprimé leur volonté de le faire et les autorités libanaises ont accédé à leur demande ».


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