Selon les proches du chef de l’État, l’affaire de l’avion de la MEA fait partie d’une « campagne programmée de dénigrement » contre Michel Aoun. Photo d’archives
Ministres et députés du bloc parlementaire du CPL ont volé hier au secours du président Michel Aoun, pris à partie récemment par plusieurs personnalités politiques qui lui reprochent sa gestion des affaires du pays. Les proches du chef de l’État se sont tous fondés sur l’affaire de l’avion de la MEA, dimanche, pour situer les attaques contre le président dans le cadre d’une « campagne programmée de dénigrement ».
Rappelons que, dimanche, les passagers du vol 205 de la MEA, en partance pour Le Caire, avaient été débarqués de l’appareil au profit de la délégation qui accompagne le chef de l’État à New York où ce dernier participe à la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Cet incident avait enflammé les réseaux sociaux sur lesquels les noms des membres de la délégation circulaient simultanément. De sources proches de Baabda, on avait présenté lundi l’incident comme étant le résultat d’« une mauvaise coordination » ou d’une « erreur de gestion de la MEA », qui normalement affrète deux avions pour les déplacements présidentiels officiels et qui n’avait pas prévu ce jour-là de mettre un deuxième avion à la disposition de la délégation présidentielle. Cette « erreur », survenue en même temps que la fuite des noms de tous les membres de la délégation, a nourri les soupçons quant à une brèche au niveau de la sécurité du président, jugée suffisamment grave pour pousser le parquet militaire à mener une enquête et pour alimenter la contre-attaque du camp aouniste.
Le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Peter Germanos, s’est ainsi rendu hier matin à l’Aéroport international de Beyrouth pour les besoins de l’enquête au cours de laquelle il a interrogé plusieurs responsables de sécurité et employés sur ce qui s’était passé. Selon notre chroniqueur diplomatique, Khalil Fleyhane, M. Germanos a chargé les services de renseignements de l’armée de mener à leur tour une enquête sur les mesures de sécurité prises avant l’arrivée du président à l’aéroport et sur la négligence imputée à deux employés de la MEA, qui étaient chargés d’organiser le voyage présidentiel.
Pour le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, « l’affaire de la Middle East n’est pas fortuite et commande l’ouverture d’une enquête ». « L’atteinte portée au chef de l’État touche l’ensemble des Libanais. Celui qui en est responsable a procédé en toute connaissance de cause et a planifié son coup. Il doit rendre des comptes, par voie de conséquence. Ce n’est plus une question de liberté d’expression », a martelé M. Bassil durant une rencontre avec des membres de la communauté libanaise en Philadelphie.
Estimant que les Libanais n’arrivent plus à « discerner entre les gens honnêtes et les voyous, les corrompus et les intègres », il s’est lâché contre « certains hommes politiques menteurs qui éloignent les gens de la vérité ». « Ils nous ont tantôt accusés d’être propriétaires d’un sous-marin et d’un avion, et peut-être même d’un satellite, dans le passé. Aujourd’hui, ils parlent de quatre avions affrétés au profit de la délégation du président. Ce n’est qu’une guerre de rumeurs pour assassiner les gens, en ternissant leur réputation. Ils s’acharnent à fabriquer des mensonges », a-t-il fulminé. Selon lui, l’affaire Siemens, dont avait fait état le député Yassine Jaber, « fait partie de ces mensonges auxquels seuls ceux qui connaissent la vérité n’ont pas cru ». « Si nous avions accepté l’offre (du géant industriel allemand de construire des centrales électriques en 18 mois), sans procéder à un appel d’offres, nous aurions été lynchés », a-t-il expliqué, s’en prenant violemment aux détracteurs du président, qui « avaient détruit le Liban par la guerre et qui le détruisent aujourd’hui avec les mensonges ».
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« Un succès qui n’est plus à prouver »
Le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, a critiqué à son tour, dans un communiqué, « la campagne de désinformation menée contre le chef de l’État ». Après avoir rappelé les circonstances du départ de la délégation présidentielle et les couacs qui l’ont ponctué, il a dénoncé « une campagne enragée visant à nuire à la réputation du président et s’inscrivant dans le prolongement d’autres campagnes contre le mandat, aux orientations et aux contenus différents mais qui se recoupent au niveau de la tromperie et de la violence ».
« Cessez de prendre pour cible un mandat dont le succès n’est plus à prouver, au double plan interne et externe. Arrêtons cette guerre des racontars et concentrons-nous sur l’édification de l’avenir (…) avec le président qui a prouvé que son seul souci reste le Liban », a renchéri le ministre sortant de la Défense, Yaacoub Sarraf, dans un communiqué. Selon lui, l’objectif de « la guerre médiatique contre le président est de provoquer une division chez les Libanais ».
Le député Assaad Dergham a insisté sur « la force du mandat » actuel, dans des commentaires sur son compte Twitter, pendant que son collègue Simon Abiramia soulignait, dans une interview à la radio, la détermination du chef de l’État à combattre la corruption.
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17 h 29, le 26 septembre 2018