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Liban

Virulente attaque de Bou Faour contre Aoun

Le député du PSP accuse le chef de l’État de chercher à renverser Taëf et d’attiser le confessionnalisme.

OLJ
14/09/2018

Le ton est monté hier entre le PSP et le CPL, qui a vivement pris à partie hier le ministre sortant de l’Éducation, Marwan Hamadé, quelques heures après que Waël Bou Faour eut lancé une attaque d’une rare violence contre le président Michel Aoun. « Nous avons eu les larmes aux yeux en écoutant le discours du général Aoun (au Parlement européen) à Strasbourg, à cause de la noblesse et de la douceur des mots employés pour parler de la démocratie, des droits de l’homme, de la diversité culturelle et de la coexistence. Alors que nous commencions à peine à croire ce que nous venions d’entendre, le président ne nous a cependant pas donné le temps de sécher nos larmes. Et pour cause : il s’est rattrapé devant la communauté libanaise de Strasbourg, avec un autre discours marqué par un esprit de défi, de divisions, de menaces, un discours-démonstration de force dans lequel il a réitéré (les promesses) de réformes présumées, devenues de lourdes blagues dont les Libanais rient. Quel discours devrons-nous retenir et quel président croire ? » a lancé Waël Bou Faour, dans un communiqué au ton pour le moins inhabituel, avant de répondre lui-même à sa propre question : « C’est le discours prononcé devant les Libanais de Strasbourg qui semble plus crédible. »

Waël Bou Faour a, sans ambages, accusé le chef de l’État de chercher à « se retourner contre l’accord de Taëf » et à renforcer le confessionnalisme dans le pays. « Ceux à qui le pouvoir permet de jouer aux lions prennent leur revanche contre l’accord de Taëf, ses artisans et les équilibres qu’il a établis. Tout ce qui se passe n’est qu’une tentative désespérée de le vider de son sens en vue de l’enterrer », a martelé le député dans une allusion on ne peut plus claire à la guerre des prérogatives entre Baabda et la Maison du Centre, mais aussi à la guerre autour des quotes-parts avec le PSP et les Forces libanaises.

Pour Waël Bou Faour, il ne fait pas de doute que « le conflit s’articule aujourd’hui autour de la préservation ou de l’enterrement de l’accord de Taëf », cet enterrement étant, selon lui, souhaité par certains. « L’histoire retiendra que ce mandat présidentiel a accentué les tensions confessionnelles entre les Libanais, à commencer par la loi électorale, en passant par le discours politique, et a ramené le Liban des années en arrière, dans le sens inverse au processus de la paix civile dans laquelle il était engagé. Il a exposé de nouveau le pays aux dangers de la discorde que nous continuerons d’empêcher en dépit de toutes leurs tentatives », a encore asséné le parlementaire. Et de conclure sur une note encore plus véhémente : « Nous continuerons de plaider pour la réconciliation et de protéger celle-ci parce qu’apparemment, nous ne sommes qu’au début du chemin obscur et d’un mandat qui ne nous promet que davantage de divisions et de haine. »

Député du CPL, Ziad Aswad n’a pas tardé à réagir au communiqué de M. Bou Faour, se contentant cependant, dans un bref message sur Twitter, de commenter la référence faite par ce dernier au sujet « des larmes ». « Toute la différence réside entre les larmes versées par un leader (le général Aoun) et un autre qui fait pleurer les gens à cause de sa rancune et de ses crimes », a-t-il écrit, pendant que le bureau de l’éducation du CPL se déchaînait contre le ministre sortant de l’Éducation, Marwan Hamadé, lui attribuant la responsabilité de l’altercation qui avait opposé, en matinée, des enseignants contractuels du cycle secondaire aux forces de l’ordre, devant le siège du ministère de l’Éducation à l’Unesco.

La dispute a éclaté lorsque les forces de l’ordre ont empêché les enseignants, qui réclament depuis des mois leur titularisation et l’application de la nouvelle grille des salaires dont ils n’ont toujours pas bénéficié, de dresser des tentes dans la rue devant le siège du ministère. La querelle a éclaté « parce qu’ils ont voulu rencontrer le ministre pour lui présenter leurs doléances », selon le bureau de l’éducation du CPL qui a violemment pris à partie M. Hamadé, sachant que ce dernier se trouve en Europe, l’accusant « de n’avoir rien réalisé dans son département à l’exception de sanctionner ceux qui y travaillent ». Une allusion à la directrice du département des examens officiels Hilda Khoury, qu’il avait démis de ses fonctions mais qui garde son poste de directrice du département d’orientation au sein du ministère.

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