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Liban

Deriane appelle indirectement Aoun à jouer le rôle de médiateur

Communautés

Le mufti de la République prend fait et cause pour Hariri.

OLJ
11/09/2018

Dans leurs messages à l’occasion de la fête de l’Hégire, les chefs religieux sunnite, chiite et druze ont tous plaidé en faveur d’une formation rapide du gouvernement en mettant l’accent sur la gravité de la crise socio-économique qui accable les Libanais ainsi que sur les difficultés économiques et financières du Liban.

Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, s’est cependant distingué de ses confrères religieux, non seulement en prenant fait et cause pour le Premier ministre désigné Saad Hariri, dans son bras de fer avec le Courant patriotique libre autour de la composition de sa nouvelle équipe, mais aussi en appelant implicitement le président Michel Aoun à jouer le rôle de « médiateur » pour faciliter la naissance du gouvernement. « Je suis surpris par ceux qui affirment ne pas croire à la médiation. (…) Dans le domaine politique, celle-ci s’exprime par le fait que des dirigeants ont la possibilité, pour peu qu’ils en ont la volonté, d’assumer le rôle de médiateur entre les différentes parties pour le bien de tous », a déclaré le cheikh Deriane dans son message pour l’Hégire. « Nous avons effectivement besoin de la pondération et de la sagesse de nos dirigeants. Nous avons besoin que les hauts responsables prennent conscience de leurs responsabilités qui sont nombreuses et dangereuses. L’obstination n’est pas utile, au même titre que l’insistance, fondée ou pas, sur les prérogatives. Car lorsque le système est en danger, les prérogatives ou les autorités de référence n’ont plus aucune valeur », a-t-il soutenu.

Le mufti de la République a ensuite fait part de son soutien à Saad Hariri, se félicitant de « la solidarité qui s’est constituée autour de lui » et l’encourageant à maintenir sa politique « qui transcende le communautaire vers le national ». « Je lui rends hommage parce qu’il ne participe pas aux joutes verbales qui ne font qu’aggraver les clivages. Nous constatons des réseaux de solidarité communautaires, chiite, sunnite et chrétien, autour du Premier ministre désigné qui, à l’instar de son père assassiné (Rafic Hariri), doit continuer à transcender le communautaire vers le national », a affirmé Abdellatif Deriane, avant d’inviter toutes les parties à « s’élever au niveau national ». « Sans cela, nous souffrirons tous. Un retour en arrière ne sera alors possible qu’au prix d’importants dégâts qui commencent à se manifester », a-t-il averti. « Nous sommes avec le Premier ministre désigné, qui se tient à l’écart de toute provocation, dans sa quête pour réaliser l’entente, l’équilibre national et le redressement du pays. Nous souhaitons que le gouvernement se forme sur cette base », a encore dit le cheikh Deriane, qui s’est arrêté sur la crise due, selon lui, « non seulement à l’absence d’un gouvernement, mais aussi à la dégradation économique, financière et sociale, ainsi qu’aux clivages politiques profonds ». Son règlement commande à ses yeux « une solidarité, une entente, un débat dans un esprit positif, une prise de conscience des problèmes nationaux et une volonté sincère de la résoudre.

« Ni des moutons ni des gamins »

« La situation est réellement effroyable », a poursuivi le mufti qui a déploré vivement le fait qu’à l’heure où le Liban se débat dans de nombreuses difficultés, des parties « discutent du changement du positionnement stratégique du pays et d’autres d’un orientalisme dont on ignore le sens et la finalité ». « Nous avons un document d’entente nationale et une Constitution. Nous ne sommes ni des moutons ni des gamins pour que telle ou telle autre partie dispose à sa guise de notre identité et de notre appartenance », a-t-il fait valoir, dans ce qui semble être une réponse aux partisans de l’axe irano-syrien, notamment le Hezbollah.

Le président du Conseil supérieur chiite, le mufti jaafari, les cheikhs Abdel Amir Kabalan et Ahmad Kabalan, et le cheikh Akl druze Naïm Hassan ont tous pressé les différentes parties politiques d’œuvrer pour faciliter la naissance d’un gouvernement, en mettant en garde contre la gravité de la crise socio-économique dans le pays, accentuée selon eux par la corruption. Au moment où le cheikh Abdel Amir Kabalan appelait les responsables à « laisser la justice et les organismes de contrôle assumer leur rôle pour combattre la corruption », le mufti jaafari s’adressait au chef de l’État pour lui demander, « par souci de préserver l’intérêt national, de renoncer à sa part au sein du gouvernement au profit de ses fils, les fauteurs de troubles qui bloquent » la formation du cabinet, mais sans préciser lesquels. « Cette initiative pourrait, peut-être, les ramener dans le giron de l’État pour qu’on puisse, tous ensemble, barrer la voie devant ceux qui essaient d’affaiblir le pays », a-t-il conseillé.

Quant au cheikh Naïm Hassan, il a dénoncé « les atteintes aux intérêts de la population », jugeant que le concept de citoyenneté « ne peut pas prévaloir au sein d’un État négligent, dont les responsables sont en permanence à couteaux tirés et qui se soucient peu de ce que le pays soit paralysé ou de ce que les Libanais se plaignent de la décrépitude des services publics et de l’aggravation des crises qui affectent leur vie au quotidien ».

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