L’ancien Premier ministre, hier, en compagnie du patriarche maronite à Bkerké. Photo ANI
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a reçu hier à Bkerké l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui doit se rendre bientôt au Vatican avec une délégation du Conseil des relations arabes et internationales. Ce dernier regroupe d’anciens responsables politiques de différents pays arabes qui sont toujours actifs aux deux plans public et politique.
À l’issue de sa rencontre avec Mgr Raï, M. Siniora a précisé que la délégation rencontrera le pape François mercredi prochain, avant de s’entretenir avec le secrétaire d’État du Vatican et son ministre des Affaires étrangères pour évoquer « des questions liées au vivre-ensemble islamo-chrétien et à la nécessité de le consolider dans les pays arabes, en dépit des pressions que subissent les pays arabes et qui conduisent à des changements démographiques incluant toutes les religions et toutes les communautés ».
L’ancien Premier ministre a par ailleurs indiqué que la question palestinienne et celle de Jérusalem figureront au menu des discussions, notamment « à la lumière de la décision du président des États-Unis Donald Trump de transférer l’ambassade US à Jérusalem, qui tient lieu de reconnaissance de sa part de cette ville comme capitale palliative d’Israël, ainsi que les problèmes qui découlent de cette décision, notamment l’annonce par la Knesset de la reconnaissance du caractère hébreu de l’État israélien et la ségrégation entre les individus sur base sectaire et religieuse, ce qui empêche les Palestiniens d’édifier leur État sur le sol palestinien ».
Au plan libanais, Fouad Siniora a souligné « la nécessité de former un gouvernement le plus vite possible, ce qui est une revendication commune à l’ensemble des Libanais soucieux de trouver une solution réelle à leurs problèmes à tous les niveaux, à l’heure où la chose publique est en plein effondrement dans le pays ». « Nous n’avons plus le luxe de perdre du temps, d’attendre et de choisir. Nous avons perdu trop d’opportunités. Il est nécessaire de souligner le respect et les principes fondamentaux sur lesquels les patries reposent, tels que le respect de la Constitution et des lois, de l’autorité de l’État, et des compétences et du mérite dans la prise en charge des responsabilités », a-t-il noté.
« Cela est très difficile, mais néanmoins pas impossible si la volonté de régler le problème existe. D’où la l’importance de souligner une fois de plus la nécessité de respecter la Constitution et l’accord de Taëf sur lequel tous les Libanais s’entendent, dans la mesure où il s’agit de l’option juste pour les Libanais », a poursuivi Fouad Siniora. « Il faut également souligner la nécessité de respecter le vivre-ensemble et faire de sorte que le Liban redevienne un modèle à ce niveau, ce qui impose aux Libanais d’être des apôtres du message du vivre-ensemble dans le monde pour en faire montrer l’importance », a-t-il conclu.


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