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Économie

Les réserves d’or du Liban parmi les plus élevées de la région

Classement

Les cours des métaux précieux étaient encore en baisse la semaine dernière, plombés par un dollar fort.

13/08/2018

Selon les derniers chiffres du Conseil mondial de l’or (CMO), le Liban détenait 286,8 tonnes de réserves en or à la fin juin, un volume stable depuis plusieurs années.
Ces avoirs permettent au pays du Cèdre de conserver sa deuxième place sur 15 pays de la zone MENA, derrière l’Arabie saoudite, premier pays au niveau régional avec des réserves estimées à 323,1 tonnes. Ils maintiennent également le Liban au 18e rang parmi 96 pays et certaines organisations internationales dans le monde (dont le FMI, la Banque centrale européenne ou la Banque des règlements internationaux...). Ces réserves, dont la valeur atteint 10,5 milliards de dollars, représentent en outre 22,3 % des réserves détenues par les pays arabes et 0,9 % des réserves mondiales.

« Inspirer confiance »
Les États-Unis restent le pays qui possède les réserves d’or les plus importantes du monde (8 133,5 tonnes) tandis que le Suriname en dispose le moins (1,1 tonne), souligne le Lebanon this Week de la Byblos Bank qui rapporte ces chiffres. À titre de comparaison, le Liban détient davantage de réserves en or que l’Espagne (281,6 tonnes) ou l’Autriche (280), mais moins que le Kazakhstan (321,8 tonnes) – 15e producteur d’or mondial en 2017 selon le cabinet de conseil britannique Metal Focus – ou le Royaume-Uni (310,3 tonnes).
Selon une étude publiée par le CMO en 1999 sur les réserves d’or des banques centrales, la Banque d’Angleterre, comme d’autres anciennes puissances coloniales européennes ou la Réserve fédérale des États-Unis, accumule de l’or depuis l’explosion de l’offre au milieu du XIXe siècle, suite à des découvertes aux États-Unis, en Australie puis en Afrique du Sud.
Le rôle principal de l’or détenu par une banque centrale est « d’inspirer confiance aux investisseurs », souligne Marwan Mikhaël, directeur du département de recherche de la BlomInvest. Au Liban par exemple, « les investisseurs pensent que si un jour la Banque du Liban (BDL) dépense tous ses dollars pour soutenir la monnaie libanaise, elle pourra toujours se tourner vers son stock d’or ».
Une analyse partagée par la plupart des banques centrales, selon un article publié en mars par le site spécialisé Bullion Star. Par exemple, la Banque centrale d’Afrique du Sud, septième productrice d’or dans le monde, y explique que l’or représente « une valeur refuge en temps de crise ».
Ainsi, un pays assis sur une importante quantité d’or est considéré comme attractif. Plusieurs décisions récentes de ventes d’or ont été fortement critiquées car le cours de l’or a continué à s’apprécier, comme lorsqu’en 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, décida de vendre 500 à 600 tonnes d’or sur les 3 000 détenues par la Banque de France.
Pourtant, toute vente importante et rapide par une banque centrale tire les cours de l’or vers le bas, comme lorsque la Banque d’Angleterre a vendu plus de la moitié de ses réserves d’or (395 tonnes) entre 1999 et 2002, rappelait le Financial Times en 2011. Une opération qui a poussé les banques centrales vers « un accord international pour limiter davantage de ventes ».

Aucune vente au Liban
Ce cas de figure reste largement hypothétique au Liban, car la BDL ne peut vendre son or que si le Parlement vote une loi en ce sens, souligne Marwan Mikhaël. Résultat : aucune vente n’a jamais eu lieu depuis la création de la BDL (1963). « Notre or ne nous rapporte rien, mais il reste un facteur de confiance dans le système. C’est pour cela que personne ne veut y toucher. » Autre option qui reste « tabou », souligne Marwan Mikhaël : le prêt de l’or. « La BDL n’a pas le droit de donner des crédits en or. » Même dans le cas d’une dévaluation de la monnaie, le Liban ne vendrait pas son or, pense Marwan Mikhaël, rappelant que malgré la dévaluation qui a eu lieu dans les années 1980, la BDL ne s’en est pas séparée. Selon lui, la vraie garantie de la monnaie libanaise se trouve du côté des avoirs de la BDL en devises, dont le montant atteint environ 45 milliards de dollars. Si l’or garde un statut spécial pour les banques centrales à travers le monde, c’est parce que le dollar américain était indexé à l’or jusqu’en 1973, rappelle Marwan Mikhaël. Le Liban a acheté son or entre 1963 et le début de la guerre civile en 1975 pour le stocker aux États-Unis. Dans les années 1990, la BDL n’avait plus d’intérêt à acheter de l’or, le billet vert l’ayant remplacé en importance dans l’économie mondiale.
Plombé par un dollar fort, l’or n’a pas la cote ces derniers mois, notait le quotidien Les Échos dans un article du 23 juillet, et a atteint mi-juillet son niveau le plus bas depuis un an, jusqu’à 1 211 dollars l’once. La semaine dernière, l’or a continué de baisser, tout comme l’argent, le platine et le palladium, toujours handicapés par la force du dollar.



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Sarkis Serge Tateossian

Ce crédit de confiance servira il à doter le pays des infrastructures dont il a cruellement besoin ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BON INDICE POUR LE LIBAN QUE LES AVOIRS EN OR ET DEVISES DE LA BDL !

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