JE ne suis pas « futuriste » ni « orangiste » ; je ne me « force » pas non plus à être libanais, ni à me munis d’armes au nom de Dieu ; je n’ai pas d’« espoir » et ne prétends pas être socialiste.
JE suis un simple Libanais qui ne se retrouve plus dans son Liban. J’ai arrêté de le rechercher depuis qu’il n’existe plus.
JE suis dépourvu de tout genre d’armes et ne fais partie d’aucun courant politique.
JE n’ai plus aucune ressource patriotique ni appartenance nationale.
JE n’ai aucune connaissance corrompue dans les institutions publiques et autres ministères, à qui je peux donner quelques sous en plus pour terminer mes formalités ; ni de pistons dans les compagnies privées pour obtenir un poste administratif que je ne mérite pas.
JE, c’est la frange de Libanais dégoûtés au nom de qui je me permets de parler.
JE suis dégoûté de tous ceux qui ont le toupet de me dire qu’ils sont là pour défendre la patrie, découpée entre deux dates du mois de mars. Patrie découpée, meurtrie, martyrisée.
Dégoûté de voir des montagnes, des villages, des rues et des quartiers dévorés par le béton.
Dégoûté de ne pas faire partie des voyous sur les routes et des nouveaux riches jet-setteurs.
Dégoûté de faire partie de cette tranche qui disparaît de plus en plus, qui n’existe presque plus.
Dégoûté des talk-shows politiques qui envahissent nos chaînes locales, là où chacun prétend être, avec son camp, le seul sauveur de la nation, tandis qu’il se bat pour défendre sa place, là où il peut voler le plus possible.
JE ne m’enfuis pas JE vole, ailleurs, là où mon ambition est seul maître de mon avenir.
JE suis un citoyen dégoûté, mais ambitieux ; car aller au bout de ses rêves ne se limite pas géographiquement à un seul pays.
Celui qui défend un voleur est un voleur ; celui qui défend un menteur est un menteur ; celui qui défend un corrompu est un corrompu ; celui qui défend un criminel est un criminel.
Nos lecteurs ont la parole - Nabil R. Asmar
JE...
OLJ / le 03 août 2018 à 00h00


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