L’adoption jeudi d’une loi définissant Israël comme « l’État-nation du peuple juif » a provoqué une vague d’indignation hier au Liban, de nombreux responsables et formations politiques condamnant cette nouvelle législation qu’ils estiment « dangereuse pour le peuple palestinien ». Le Liban ne reconnaissant pas jusqu’ici Israël, il ne fait donc pas de distinction entre « Arabes israéliens » et « Palestiniens des Territoires ». Les commentaires des responsables libanais n’évoquent donc pas le préjudice causé par cette nouvelle législation spécifiquement aux premiers (plutôt qu’aux seconds).
Le texte controversé de la Knesset, le Parlement israélien, suscite des accusations de « racisme » envers la minorité arabe. La loi fait de l’hébreu la seule langue officielle d’Israël, alors que l’arabe avait auparavant un statut identique. Elle déclare en outre que l’établissement de « localités juives (sur le territoire israélien) relève de l’intérêt national ». « Le vote par la Knesset de la loi dite de l’État-nation est une nouvelle agression israélienne contre le peuple palestinien et son droit à l’autodétermination, à un État indépendant avec Jérusalem pour capitale, et au recouvrement de toutes ses terres », a affirmé le chef de l’État, Michel Aoun, sur le compte Twitter de la présidence. « Cette loi abolit le droit au retour des Palestiniens et ouvre grandes les portes à l’accueil des juifs (de par le monde, NDLR) et constitue ainsi une violation claire des décisions des Nations unies qui consacrent le droit au retour des Palestiniens », a ajouté le président Aoun. Il a appelé « le peuple palestinien à la solidarité et à mettre de côté ses querelles afin de faire face à cette agression contre son existence ». « N’est-il pas temps de voir la solidarité arabe faire face aux agressions israéliennes contre les Palestiniens ? » s’est interrogé le président. « Le silence international face à l’escalade israélienne (...) rend la solidarité arabe encore plus urgente (...) », a insisté Michel Aoun.
« Déclaration de guerre »
Le président du Parlement, Nabih Berry, a lui aussi dénoncé cette loi, l’assimilant à « un assassinat flagrant » de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. « En mon nom, et au nom du Parlement libanais, nous condamnons cette décision hostile », a écrit le chef du législatif libanais dans un communiqué. Il a appelé la communauté internationale à « agir et assumer ses responsabilités ». Le mouvement Amal dirigé par le président du Parlement a, lui, dénoncé « la ségrégation raciale » consacrée par la loi approuvée par le Parlement israélien. Cette loi « douche les espoirs de la population palestinienne en un retour et en l’édification d’un État ayant pour capitale Jérusalem ». Le parti chiite a estimé qu’il s’agissait de « l’une des lois les plus dangereuses » et l’a assimilée à « une déclaration de guerre contre la population palestinienne ».
Le Hezbollah a de son côté estimé que cette loi vise à empêcher les Palestiniens en exil de rentrer chez eux et « ouvre grande la porte aux juifs du monde entier et à leur implantation sur des terres qui ne sont pas à eux ». Dans un communiqué, le parti de Dieu « condamne fermement cette décision raciste et toutes celles qui la suivront », et invite le monde entier à protester contre cette « nouvelle agression » israélienne envers les Palestiniens. Le Hezbollah regrette dans ce contexte « la faible prise de position arabe et islamique ».
Le leader druze Walid Joumblatt a de son côté estimé sur Twitter que « les joueurs de poker à Helsinki ont décidé que la sécurité d’Israël était primordiale », en allusion aux présidents américain, Donald Trump, et russe, Vladimir Poutine, qui se sont rencontrés à Helsinki le 16 juillet. « C’est comme si les peuples de la région s’étaient transformés en cartes à jouer dans un grand night-club, où leur sort est sacrifié froidement », a estimé M. Joumblatt sur Twitter.
Le courant du Futur a également condamné la décision israélienne, qui vise à « torpiller tous les efforts de paix et les décisions internationales, et annihiler le droit du peuple palestinien à établir un État indépendant, ayant Jérusalem pour capitale ». Le courant du Futur a appelé « l’ONU a assumer ses responsabilités historiques envers la cause palestinienne et à empêcher Israël d’accomplir ses plans criminels, racistes et colonisateurs ».
Liban - Israël
Vague d’indignation au Liban après le vote de la loi sur l’« État-nation juif » à la Knesset
Le président Aoun a dénoncé « une nouvelle agression israélienne contre le peuple palestinien ».
OLJ / le 21 juillet 2018 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Bien entendu, on ne peut que s'indigner, mais il ne faut pas être hypocrite. Nous avons des "Etats arabes" où, pour la majorité, les arabes sont pourtant minoritaires, des "Etats musulmans" et une "République islamique". Alors cessons de pousser des cris d'orfraie!
06 h 47, le 21 juillet 2018