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Agenda - Hommage À Pierrot Mouzannar

J’ai envie de vivre

J’ai connu Pierrot bien avant qu’il ne soit devenu mon beau-père, ayant épousé sa fille et étant devenu ainsi son gendre. C’est dire que je l’ai connu sous différents aspects qui aujourd’hui nous manquent lourdement.
Qu’il est difficile de voir vous quitter un homme dont la présence était devenue incontournable, indispensable, à force de constance, de gentillesse, d’humour et de volonté de vivre. Ce modèle de personnes partent, il est vrai, mais ils nous laissent le meilleur d’eux-mêmes.
À dix heures du matin, à quatre heures de l’après-midi, Pierrot appelle immanquablement. Durée de la conversation 3 minutes en moyenne avec un épilogue toujours teinté d’humour, qui vous rend joyeux jusqu’au prochain appel… C’est le plus souvent pour nous dire son amour de la vie : « J’ai envie de vivre et pour cela je m’économise... » Mais aussi pour s’enquérir de nos programmes, en vue de calmer sa légendaire inquiétude :
 « Où êtes-vous papi ?
- En route pour Baalbeck.
- La chou ya papi ? Vous n’avez pas de musique à la maison ?... »Et ainsi, à toute activité devant avoir lieu hors du territoire strict de la maison, il opposait un « la chou ya papi ? » faisant ainsi de nos déplacements des épopées dont il fallait héroïquement sortir indemnes. Infailliblement et à 87 ans, il réunissait avec beaucoup de fraîcheur famille et amis pour des dîners amicaux, chaleureux, toujours élégants et rythmés par d’interminables éclats de rire.
Je n’ai jamais réussi à comprendre comment il parvenait à raconter une histoire – la même – mille fois, et comment cette histoire se faisait neuve et toujours plus drôle à chaque fois…
Il a instauré un rituel qui nous faisait croire à la vie. Mais il était sans pitié pour certaines choses comme la bêtise, l’ennui et… les chemises à carreaux. Alors que j’arrivais, un jour, chez lui en en portant une, il avait été très sévère avec moi, me sommant de ne plus jamais recommencer.
Et maintenant, alors que nous sommes imbibés de tes histoires et de tes rituels et toujours demandeurs, tu nous quittes…
La chou ya papi ?


J’ai connu Pierrot bien avant qu’il ne soit devenu mon beau-père, ayant épousé sa fille et étant devenu ainsi son gendre. C’est dire que je l’ai connu sous différents aspects qui aujourd’hui nous manquent lourdement. Qu’il est difficile de voir vous quitter un homme dont la présence était devenue incontournable, indispensable, à force de constance, de gentillesse, d’humour et de volonté de vivre. Ce modèle de personnes partent, il est vrai, mais ils nous laissent le meilleur d’eux-mêmes.À dix heures du matin, à quatre heures de l’après-midi, Pierrot appelle immanquablement. Durée de la conversation 3 minutes en moyenne avec un épilogue toujours teinté d’humour, qui vous rend joyeux jusqu’au prochain appel… C’est le plus souvent pour nous dire son amour de la vie : « J’ai envie de...