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Liban

« L’enjeu que représente la CEDRE pour le Liban justifie une formation rapide du gouvernement », insiste Foucher

14 Juillet

L’ambassadeur de France salue l’intention exprimée par les autorités de reprendre le dialogue sur une stratégie de défense nationale, « qui doit s’inscrire dans le cadre de la légalité internationale ».

OLJ
16/07/2018
L’ambassadeur de France, Bruno Foucher, a de nouveau pressé les responsables d’accélérer la formation d’un nouveau gouvernement, en soulignant l’urgence que représente pour Beyrouth la mise en œuvre des réformes promises lors de la conférence dite CEDRE et attendues par les Libanais.
M. Foucher a tenu ces propos à l’occasion de la réception qu’il a donnée samedi soir à la Résidence des Pins, à l’occasion du 14 Juillet. 
Après avoir souligné que l’année qui vient de s’écouler a été « à bien des égards un millésime exceptionnel pour le Liban comme pour la relation franco-libanaise », M. Foucher s’est félicité de ce que le pays, « pourtant exposé à un contexte régional très instable, est parvenu au cours des derniers mois à consolider sa stabilité d’une manière qui ne peut que forcer l’admiration ». Il a rappelé la bataille des jurds « qui avait permis de libérer le Liban de toute présence de l’État islamique et d’atteindre un niveau de sécurité que les Libanais n’avaient pas connu depuis trop longtemps », puis l’organisation des premières législatives depuis 2009, qu’il a présentée comme étant « la remise en route des institutions, engagée avec la fin de la vacance présidentielle », avant de souligner que son pays espère aujourd’hui la formation rapide d’un gouvernement « en mesure d’agir efficacement, pour assurer, en lien avec les partenaires du Liban, le suivi des engagements pris à l’occasion des récentes conférences internationales, mais aussi pour mettre en œuvre les réformes attendues par les Libanais ». 

Les trois conférences
« Nous saluons, en particulier, l’intention exprimée par les autorités libanaises de reprendre le dialogue sur une stratégie de défense nationale, qui doit s’inscrire dans le cadre de la légalité internationale », a poursuivi Bruno Foucher, avant d’aborder d’une manière plus détaillée l’engagement de son pays en faveur du Liban durant l’année qui vient de s’écouler. « Là encore, la politique et la sécurité ont structuré notre action », a-t-il expliqué, en rappelant notamment la mobilisation de Paris après la démission surprise de Saad Hariri, en novembre dernier, « pour faciliter une sortie de crise et, en décembre, l’organisation d’une réunion des ministres du Groupe international de soutien pour le Liban et l’adoption d’un communiqué qui, en particulier, confirme l’attachement international à la stabilité du Liban et rappelle les paramètres du maintien de cette stabilité, en insistant sur l’importance de la politique de dissociation ».
M. Foucher a ensuite rappelé la conférence de Rome et l’ouverture par Paris d’une ligne de crédit de 400 millions d’euros, « destinée à permettre l’acquisition à des conditions très favorables d’équipements militaires français ». « Nous travaillons d’arrache-pied avec nos interlocuteurs libanais pour que ce projet aboutisse dans les meilleurs délais, au bénéfice de la souveraineté et de l’indépendance du Liban », a-t-il précisé, en évoquant ensuite les différents aspects du partenariat franco-libanais, pour mettre l’accent en particulier sur la CEDRE et son importance pour l’économie libanaise. « Une économie qui, certes, a beaucoup pâti de la guerre en Syrie, mais qui, en réalité, souffre de maux plus anciens et plus profonds. Ce sont ces maux que le gouvernement libanais s’est engagé à traiter à travers des réformes trop longtemps reportées. Des réformes qui, en retour, consolideront le climat de confiance dont les partenaires du Liban ont besoin pour investir. Les perspectives sont importantes, avec près de 11 milliards de dollars disponibles, dont 550 millions d’euros de la part de la France. Il s’agit du dossier le plus urgent pour le prochain gouvernement, de l’enjeu qui, peut-être plus que tous les autres, justifie que ce gouvernement soit formé sans tarder », a fait valoir le diplomate.
Abordant la conférence de Bruxelles et le dossier des réfugiés syriens, Bruno Foucher a réaffirmé que son pays, « pas plus que ses partenaires, ne souhaite l’implantation des réfugiés syriens au Liban ». « Comme les Libanais, elle souhaite leur retour dans leur pays, retour sans lequel c’est l’identité même du Liban qui serait menacée », a-t-il insisté.

Le diplomate, qui a rapidement dressé un tableau sombre de la situation en Syrie, allant jusqu’à estimer que ce pays « va à sa perte », a laissé entendre que ce retour ne sera pas facile, avant de répercuter « l’appel de la France aux parties en présence en Syrie afin qu’elles œuvrent pour une solution politique ». Paris, a-t-il ajouté, « condamne l’adoption par la Syrie de la loi n° 10 relative à l’expropriation, qui empêche le retour des réfugiés ».
Dans un autre registre, l’ambassadeur a réitéré l’engagement de son pays en faveur de la francophonie au Liban. « Ce qui se trouve au fondement même de notre relation, c’est bien l’ambition partagée de permettre à chacune et chacun de s’épanouir en tant qu’individus pour construire la France et le Liban de demain. »

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Sarkis Serge Tateossian

Oui, mais .......

Les "fauteuils ministériels" valent beaucoup plus pour certains visiblement !

Irene Said

Pauvre Monsieur Foucher...plein de bonnes intentions...il continue de prêcher dans le désert libanais...
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TERGIVERSER ET METTRE DU TEMPS POUR FORMER UN GOUVERNEMENT... LA FAUTE INCOMBANT EXCLUSIVEMENT AU CPL... C,EST RISQUER DE PERDRE LES AIDES ET LES INVESTISSEMENTS DE CEDRE POUR RELEVER L,ECONOMIE AGONISANTE DU PAYS !

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