C’est Maurice Gemayel qui dans les années 1940 a fait venir de Californie une variété de pêche à la chair blanche qui a fait la renommée de Bickfaya.
L’après-midi est chaude, les artisans arrivent au compte-gouttes sur la traditionnelle place du sérail pour préparer les stands du très fréquenté Festival des pêches de Bickfaya. Depuis 2013, cette petite commune chrétienne – fief de la famille de l’ancien président Amine Gemayel et du parti Kataeb – s’est lancée dans la promotion de ce qui fait sa fierté : les pêches.
Un festival qui donne la pêche
Si ce n’est que la cinquième édition du festival, les pêches de Bickfaya n’en ont pas moins une renommée bien plus ancienne. C’est Maurice Gemayel – oncle de l’ancien président Amine Gemayel – qui dans les années 1940 a fait venir de Californie une variété de pêches à la chair blanche, juteuse et sucrée, la babcock. Cette espèce s’est particulièrement bien adaptée au climat doux de la région et fait aujourd’hui la fierté des locaux qui continuent de la cultiver et bien évidemment de la consommer.Les vergers sont pour la plupart situés en contrebas de la ville et certains, comme celui de la famille Sayah, sont particulièrement réputés pour la qualité de leurs fruits. Une autre variété phare des pêches de Bickfaya est la chikhani, du nom d’une famille du village. Cette variété a été elle aussi importée d’outre-Atlantique. Sirops, confitures, compotes sont au rendez-vous, et l’on peut aussi oser le mélange sucré-salé en dégustant la pêche avec du fromage de chèvre.
Du producteur d’huile d’olive – élue meilleure au monde en 2018 – à l’artisan glacier, du vannier au chapelier, « le Festival des pêches est l’occasion d’exposer l’artisanat local », explique Roula Chikhani. Au Liban, presque chaque village possède son propre festival pour célébrer le fruit qui fait sa renommée. « C’est véritablement un moment de convivialité et d’échange pour les habitants du village et de la région », souligne-t-elle.
Une bourgade paisible et attirante
Bickfaya est l’un des principaux centres de villégiature de la montagne libanaise, presque exclusivement fréquenté par des familles chrétiennes. Entre les forêts de pins et les vergers sont installées plusieurs communautés religieuses. De nombreuses églises – maronite, grecque-orthodoxe, melkite et protestante – témoignent de cet œcuménisme. Les restaurants et hôtels participent aussi à l’attraction de la ville, pour ceux qui cherchent un peu de fraîcheur et de calme en cette période estivale, tout en restant proches de la capitale. Autour de la bourgade, des sources thermales et minérales sont réputées pour leurs bienfaits et pour la guérison de certaines maladies. La commune est aussi connue pour avoir inauguré une des premières usines de tri au Liban, ce qui lui a permis de surmonter sans encombre la crise des déchets de 2015.
Avant la guerre, Bickfaya était également réputée pour son festival des fleurs, en septembre. « Nous espérons bien le faire revivre un jour, en plus du Festival des pêches », confie Roula Chikhani. En attendant, la ville accueille tous les ans en mai un marché aux fleurs pour célébrer le printemps.


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Joli village ... comme il y a beaucoup de jolis villages tout au Liban - partout. La combinaison "pêche avec du fromage de chèvre" me semble une bonne idee de combinaison que j'aimerais bien deguster encore une fois ... simple mais savoureux il semble. Dans ce cas pêche c'est "Prunus persica" mais ce n'est pas la variété "indigène" perse-libanaise apparement mais une variété importé de Californie.
09 h 15, le 10 juillet 2018