Le président Aoun en compagnie des membres de la délégation du comité du Festival international de Baalbeck, conduite par Nayla de Freige. Photo Dalati et Nohra
Le président de la République, Michel Aoun, a affirmé hier que le litige entre Akoura (caza de Jbeil) et Yammouné (caza de Baalbeck) est en cours de résolution, appelant les habitants des deux localités à l’apaisement.
M. Aoun s’exprimait devant le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Peter Germanos (originaire de Akoura), qui a relevé à l’issue de l’entretien au palais de Baabda que le chef de l’État accorde une attention particulière à la question. Une attention illustrée en ces termes par M. Aoun : « Si Akoura est mon œil droit, Yammouné est le gauche. Les habitants de ces deux localités ont toujours été unis comme dans une même famille et doivent le rester. » Un autre sujet sur lequel s’est penché le président de la République est la corruption, qu’il a évoquée avec Nicolas Tuéni, ministre d’État sortant pour la Lutte contre la corruption. Les deux interlocuteurs se sont notamment attardés sur le problème de la contrebande des combustibles, ainsi que des fruits et légumes. Au terme de la rencontre, M. Tuéni a fait état de mesures prises pour réduire la perpétration de ces délits, ainsi que de poursuites menées contre les personnes impliquées dans ces trafics.
M. Aoun s’est par ailleurs entretenu avec Ziad Assouad, député de Jezzine (CPL), avec lequel il a passé en revue les problèmes dont pâtissent les deux villes de Saïda et de Jezzine, notamment l’ouverture d’une carrière illégale à Kfarfalous, ainsi que la mise sur pied d’une cimenterie et d’une carrière illégale à Lebaa et Mrah el-Hbas (Jezzine). Joint par L’Orient-Le Jour, M. Assouad accuse le courant du Futur d’« assurer une couverture politique à l’entrepreneur de ces projets, Mohammad Chammah ». Le député a par ailleurs mis au fait M. Aoun des infractions commises au sein de l’hôpital gouvernemental de Jezzine. Interrogé par L’OLJ sur l’auteur de ces violations, M. Assouad indique qu’« il s’agit du président du conseil d’administration de l’hôpital, Joseph Kesrouani, désigné en février dernier ». « Il avait présenté un CV falsifié pour être admis à ce poste », affirme M. Assouad, qui l’accuse notamment de « mauvaise gestion, de dépenses faramineuses, d’accumulation de dettes et de fabrication de fausses factures ». M. Assouad indique en outre que « les membres du conseil d’administration seraient sur le point de démissionner pour le forcer à se désister », ajoutant qu’il compte « présenter contre lui une plainte auprès du parquet ».
Pour une justice transparente
C’était ensuite au tour d’une délégation de la Coalition civile pour le soutien à l’indépendance et la transparence de la justice, menée par le directeur exécutif de l’Agenda légal, Nizar Saghieh, d’être reçue à Baabda. Les membres de la délégation – qui représentait 31 associations – ont remis au président Aoun une proposition de loi comportant des points liés à la consolidation des garanties en faveur de l’indépendance des juges et de la protection des justiciables. À cette occasion, le chef de l’État n’a pas manqué de rappeler qu’il a récemment demandé à tout juge qui subirait des pressions et ingérences d’hommes politiques de l’en informer. « Y a-t-il une protection plus importante ? » s’est ainsi félicité M. Aoun.
Parmi les autres hôtes de Baabda, une délégation du comité du Festival international de Baalbeck, conduite par sa présidente Nayla de Freige, qui a convié le couple présidentiel à la cérémonie d’ouverture du festival le 20 juillet. Ce soir-là sera marqué par un hommage à la légendaire cantatrice Oum Kalsoum, intitulé « Baalbeck se souvient d’Oum Kalsoum ». Les discussions avec le chef de l’État ont débordé sur la question de la situation sécuritaire de la ville du Soleil. M. Aoun a assuré dans ce cadre que l’armée et les Forces de sécurité continuent à prendre des mesures pour mettre fin au chaos constaté ces dernières semaines, notant que ces démarches commencent à produire des résultats positifs au plan de la sécurité et de la stabilité dans la région.
Enfin, le président a reçu l’ambassadeur du Pakistan, Aftab Ahmad Khokher, venu lui faire ses adieux à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique au Liban.


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