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Moyen Orient et Monde

50 ans après le TNP, la mode est toujours au nucléaire

Anniversaire

Si les tentatives de dénucléarisation se sont multipliées ces dernières années, certains pays procèdent à un renforcement de leur arsenal nucléaire.

30/06/2018

Même si les armes nucléaires sont mises en avant comme des moyens de dissuasion contre une éventuelle attaque, elles sont avant tout des symboles de puissance. 50 ans après la signature du Traité de non-prolifération (TNP), le nucléaire est plus que jamais d’actualité, ce qui laissse craindre une nouvelle courses aux armements, presque 30 ans après la fin de la guerre froide.


Dans les années 1950-1960, les pays disposant d’une technologie suffisante avaient commencé à développer leurs capacités de production et de miniaturisation d’engins nucléaires, en particulier les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (les États-Unis, l’URSS, la Grande-Bretagne, la France, la Chine). À ce moment, la communauté internationale voit d’un mauvais œil la prolifération de telles armes et craint qu’elles puissent représenter une menace un jour où l’autre. Face à cela, des dizaines de nations se sont engagées à réduire le nombre d’ogives nucléaires dans le monde. Et le 1er juillet 1968, 191 pays signent le TNP (Traité de non-prolifération), qui entre en vigueur en 1970. Il engage les cinq détenteurs officiels de la bombe atomique à ne pas transférer leur technologie militaire nucléaire à d’autres pays et interdit aux pays non dotés de l’arme nucléaire de s’en procurer ou d’en fabriquer. En échange, les puissances nucléaires reconnues doivent leur transférer la technologie de production nucléaire pour la distribution de l’électricité.


D’autres traités comme Start I et II en 1991 et 1993, SORT en 2000 et New Start en 2010 (ce dernier consiste en une réduction massive des arsenaux nucléaires américains et russes) voient le jour pour tenter de renforcer les principes énoncés par le TNP. Cela a été un succès à partir des années 1980 qui ont vu le total des ogives nucléaires présentes dans le monde, passer de 70 000 à 16 000 aujourd’hui.
Mais bien que ce chiffre soit inférieur à celui d’il y a 30 ans, la capacité totale des ogives mondiales seraient capables de faire exploser plusieurs planètes. Le nucléaire retrouve ainsi, ces dernières années, une place conséquente dans les politiques de défense des pays qui possèdent la technologie appropriée.





Nouvelle course à l’armement ?
Washington a récemment procédé à une mise à jour drastique de son programme nucléaire à travers la « nouvelle posture » américaine de défense, introduite en février dernier. Il s’agit notamment de répondre au réarmement russe mais aussi de contenir les « menaces » chinoises, iraniennes et nord-coréennes. Les Américains justifient leur démarche en rappellent que la Russie modernise son armement depuis des années et qu’elle dispose d’un armement tactique conséquent. Cette nouvelle stratégie américaine vise à développer des armes nucléaires tactiques de faible puissance plus utilisables en cas de conflit pour assurer sa protection et renforcer sa politique de dissuasion. Beaucoup d’experts et d’observateurs de la situation voient en ce genre réapprovisionnement, autant de la part de Washington que de Moscou, une nouvelle course aux armements. « Dans le contexte actuel de tensions entre les principales puissances nucléaires que sont les États-Unis et la Russie, on est en droit de craindre une nouvelle course aux armements nucléaires », dit à L’Orient-Le Jour Mark Hibbs, chercheur associé au Carnegie et spécialiste des questions de politique nucléaire. La Maison-Blanche et le Kremlin sont en effet les principaux protagonistes des discussions sur les questions de désarmement. « La grande majorité des armes nucléaires se trouvent dans les mains de la Maison-Blanche et du Kremlin. Ce sont donc ces deux pays qui ont les plus grosses responsabilités en termes de politique nucléaire mondiale et ce sont eux qui doivent montrer la voie à suivre pour la gestion des armes nucléaires et le désarmement », poursuit le spécialiste, mais « le fait que les relations entre les États-Unis et la Russie se soient détériorées de manière stratégique et significative au cours des dernières décennies a rendu la possibilité d’une négociation, ou d’un début de discussion, de plus en plus difficile. Et cela est compris par les membres du TNP », conclut-il. L’attitude actuelle de l’administration Trump peu encline à faire respecter le droit international affaiblit également l’efficacité du TNP.


(Lire aussi : La Russie « ne reconnaît pas » le renforcement de l’OIAC)


L’attention est également portée sur les puissances nucléaires qui n’ont pas signé le TNP comme l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord (qui en est sortie en 2003). Les choses pourraient cependant évoluer pour Pyongyang. Les différentes rencontres ponctuées par le sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump, avec pour but de dénucléariser la péninsule coréenne, semblent aller dans la bonne voie. La manœuvre a d’ailleurs été saluée par les Russes, alliés de longue date du régime nord-coréen. Comme toujours dans les relations internationales, la confiance entre deux États est essentielle pour l’avancée des négociations sur un sujet aussi sensible que la prolifération et le désarmement nucléaire.


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