« Plusieurs pays arabes ont mis en place des politiques de développement durant la dernière décennie et des feuilles de route. Sauf que la majorité de ces politiques ne se basaient sur aucune étude approfondie de la réalité des pays arabes », a déclaré Mouïn Hamzé, directeur général du CNRS au Liban. Photo Catalin/Bigstock
La Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (Escwa) et le Conseil de la pensée arabe ont rendu public hier le 10e rapport arabe pour le développement culturel portant sur la recherche scientifique arabe, ses réalités, défis et horizons. Il en ressort que le monde arabe consacre très peu de ressources pour la recherche scientifique, ce qui entrave son développement dans plusieurs domaines.
« Plusieurs pays arabes ont mis en place des politiques de développement durant la dernière décennie et des feuilles de route dans le but d’acquérir des capacités scientifiques et technologiques dans tous les domaines (...). Sauf que la majorité de ces politiques ne se basaient sur aucune étude approfondie de la réalité des pays arabes. Elles ont rarement pris en compte les changements dans le monde arabe et la région », a déclaré Mouïn Hamzé, directeur général du Centre national pour la recherche scientifique au Liban, dans une allocution lors de l’événement. « Peut-on s’élever dans le domaine de la recherche scientifique dans le monde arabe en l’absence de liberté académique et de liberté d’expression ? » s’est demandé M. Hamzé qui a ensuite exposé les premières conclusions du rapport, à savoir « l’absence d’initiatives efficaces dans les dernières décennies pour construire une communauté scientifique capable de mettre en place un développement permanent et présenter des solutions pour une série de problèmes économiques, sociaux et culturels ».
Le directeur du Conseil de la pensée arabe, Henri Awit, a pour sa part exposé le procédé scientifique suivi lors de la préparation du rapport. « Ce rapport fait le lien entre la recherche scientifique, le développement technologique et l’innovation. Il insiste sur le lien entre ces activités et le développement permanent. Il invite le monde arabe à adopter des méthodes de travail propices et efficaces afin de relier ces activités aux priorités dans le domaine du développement », a-t-il dit.
Le ministre sortant de la Culture, Ghattas Khoury, a quant à lui mis l’accent sur la « nécessité pour le monde arabe du développement non seulement dans le domaine de la recherche scientifique, mais également dans de nouveaux systèmes politiques qui prendraient en compte la pluralité ».
Prenant la parole lors de l’événement, le vice-secrétaire général du Conseil supérieur de la planification du sultanat de Oman, Talal ben Sleimane el-Rahbi, a révélé que la part allouée par les pays arabes à la recherche scientifique n’atteint pas 1 % des dépenses internationales dans ce domaine. « La recherche scientifique est élitiste. Il est donc nécessaire de miser sur les nouveaux talents et les initiatives dans ce domaine », a-t-il indiqué.


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