Ce n’est pas seulement une transformation politique, mais une mutation que la région, et le monde islamique en particulier, connaissent en ce moment, estime le président des Forces libanaises, Samir Geagea, dans un entretien accordé à la revue al-Moudoun. De cette mutation, M. Geagea escompte « un grand réveil islamique » dû en particulier « au choc de l’émergence de l’organisation État islamique et du phénomène de gestion de la barbarie qui l’a accompagné ».
« Nous verrons surgir un véritable islam différent de l’image qui nous en a été donnée tout au long des années passées », a ajouté M. Geagea, qui en veut pour illustration « la grande évolution en cours en Arabie saoudite ». « Les radicalismes engendrent des radicalismes contraires » , a analysé M. Geagea qui estime que cette « dialectique » s’applique à l’Iran, où « le radicalisme de la révolution islamique a produit un radicalisme opposé, une situation dont l’issue consiste à sortir des deux radicalismes ». Pour lui, l’Arabie saoudite devance aujourd’hui, dans ce processus historique, un Iran « qui s’obstine à coller à une image inamovible ».
Concrètement parlant, M. Geagea constate que de grandes pressions internationales et arabes s’exercent pour tenter de réduire l’influence hégémonique de l’Iran non seulement en Syrie, mais dans le monde arabe. « Nous devons particulièrement surveiller ce qui se passe dans le sud de la Syrie, a-t-il dit. Un accord sur le départ de l’Iran et de ses alliés a été conclu dans cette région, et il semble qu’il sera respecté. Mais l’Iran et ses alliés seront moins conciliants dans d’autres régions, en particulier à Damas et autour de la capitale syrienne. »
« Sortir l’Iran de la Syrie ne sera pas facile, insiste M. Geagea. Sur le terrain, c’est l’Iran qui est la force prépondérante. Sans les forces iraniennes, les Russes n’auraient rien pu faire en Syrie. »
Nouvel élan avec le Futur
À l’interne, M. Geagea considère qu’un désengagement du Hezbollah de Syrie « est proche », mais considère qu’il n’aura pas beaucoup d’impact sur l’intérieur libanais (…) car ce n’est pas l’État qui a demandé au Hezbollah de se rendre en Syrie «. Bien plus, selon M. Geagea, le Hezbollah » rentrera au Liban plus humble qu’il n’en est sorti. Le chef des FL assure percevoir même une volonté du parti chiite de s’engager « dans tous les aspects de l’équation interne et de s’intégrer d’avantage » au paysage politique libanais. Il en veut pour preuve « sa volonté de combattre la corruption ». « Si le Hezbollah est sérieux dans ce domaine, nous pourrions collaborer », a-t-il relevé, notant que « le sérieux avec lequel il le fera le mettra en confrontation avec ses alliés, comme cela est arrivé pour nous ».
Sur un autre plan, M. Gagea ne voit « aucune perspective de normalisation » avec le régime du président Bachar el-Assad. « Il n’y a plus de régime en Syrie, a-t-il dit. L’équation est internationale. Nous voulons la normalisation et l’assainissement des relations avec toute la Syrie, et non avec une partie de la population syrienne. Ceux qui pensent que la communauté internationale, les États-Unis ou toute autre force sont prêts à accepter que Assad reste se trompent lourdement (…) Aucune partie au monde n’acceptera de renflouer le régime. Ce régime est fini, irréversiblement. Il en reste une image, faute d’une alternative, mais tout règlement politique conduira inévitablement à un changement radical. En ce qui concerne les déplacés syriens au Liban, M. Geagea estime que c’est le régime lui-même qui les a chassés, et qui ne veut pas de leur retour. » « Quand les déplacés qui veulent rentrer le sauront, c’est d’eux-mêmes qu’ils s’en s’abstiendront. »
« Il faut que le mandat réussisse, a encore dit le chef des FL au sujet du président Aoun. C’est une occasion qui ne se répétera pas, il ne faut pas la perdre. » Il se montre attaché à l’accord de Meerab, mais affirme qu’avec le CPL, « ce sera au cas par cas ». Il se dit favorable à un cabinet de 24, par mesure d’économie, et se montre optimiste au sujet « d’un nouvel élan avec le courant du Futur pour allié ».
Les groupes au Parlement sont égaux, 46 pour le 8 Mars, 47 pour le 14 Mars, note M. Geagea qui rejette l’idée d’une victoire du Hezbollah aux législatives et note que les blocs du centre ne seront pas nécessairement avec le Hezbollah.
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Rigolons un brin. Samir Geagea considère que le désengagement du Hezbollah de Syrie est proche. De son côté, Hassan Nasrallah vient de déclarer : "Si le monde entier se réunit pour nous imposer de sortir de Syrie nous ne sortirons jamais sauf si le Commandement syrien nous le monde". Le monde entier compte sept milliard et demi d'habitants, que peut faire le lilliputien Samir Geagea quand les sept milliards et demi ne peuvent pas agir sur Hassan Nasrallah ? Conclusion : Hassan Nasrallah refuse les ordres de 7.550.000.000 d'habitants de la planète Terre, Samir Geagea est incapable de refuser les ordres de son voisin à Meerab...
14 h 57, le 11 juin 2018