Il paraît que les Libanais se retrouvent au premier rang mondial de consommation active ou passive de tabac. Un subterfuge pour supporter peut-être les odeurs nocives des ordures dans les rues et sur les places publiques.
Le niveau de corruption au pays du Cèdre dépasse dans son ampleur toutes les républiques bananières de la planète. Une pandémie qui touche tous les secteurs économiques et sociaux ; santé publique comprise.
La pollution est partout dans l’air, l’eau et le sol. « Le citoyen » libanais qui représente la victime et l’otage voue une adoration maladive, indescriptible et indéfinissable pour son ravisseur et bourreau (représenté par le chef politique de la communauté). L’otage est atteint par le syndrome de Stockholm sans pour autant trouver une empathie de retour du ravisseur. Ce dernier ne sera jamais touché par le syndrome de Lima.
Il reste une seule échappatoire : la consommation excessive de sorties dans les boîtes de nuit, réputées pour être les plus grandes du monde.
Les humoristes remplissent les salles et entraînent le public dans un immense éclat de rire salvateur. Rions de n’importe quoi, n’importe comment. Rions vite pour ne pas mourir. Rions fort pour cacher qu’on a envie de pleurer. Rions pour ne pas penser, et surtout oublions de réfléchir.
Le déni et la dérision. Telle est la nouvelle religion du Liban et de sa jeunesse.
Être capable d’en prendre plein la gueule tout en souriant. L’étranger ne doit rien remarquer.
Allez ! Circulez ! Il n’y a rien à voir ici ! Tout va bien chez nous ! Nos seigneurs de la guerre nous demandent sans cesse de bien dormir et de faire de beaux rêves. Ils veillent sur nous.
Au Parlement comme au gouvernement, une masculinité représentée par les seigneurs de la guerre qui tiennent les rênes du pouvoir depuis plus de trente ans. Elle est la plus ravageuse et la plus destructrice dans l’histoire du pays depuis son indépendance : il suffit de constater la baisse du niveau culturel et artistique, la valeur des diplômes libanais en chute libre et la démolition des valeurs, sans oublier une religiosité morale sans contenu ou essence.
À la tête du pays, une bande d’impuissants incapables de donner de la jouissance et du bien-être au peuple citoyen.
Verra-t-on un jour naître un mouvement citoyen, femmes et hommes, qui se mettra en marche pour réclamer de déconstruire ce modèle de virilité archaïque afin de placer la femme au sein de la société ?
Pourra-t-on espérer l’émergence d’un groupe d’intellectuels pluralistes pour chasser ce modèle suffocant et dépassé de masculinité ? Indiquer une porte de sortie à tous ces bourreaux et voir enfin le royaume historique des seigneurs de la guerre s’effondrer devant le soulèvement populaire libre.
Nos lecteurs ont la parole - Par Dr Nicolas Dib
La société libanaise – droit d’inventaire
OLJ / le 11 juin 2018 à 00h00

