Walid Joumblatt (droite) et Rafic Hariri. Photo publiée par le leader druze sur son compte Twitter
Le leader druze Walid Joumblatt a vertement répondu hier au député Jamil Sayyed qui, lors de sa deuxième journée de témoignage, mercredi, devant le Tribunal spécial pour le Liban, a affirmé que la tentative d’assassiner le député druze Marwan Hamadé le 1er octobre 2004 avait pour but de « rendre fou » M. Joumblatt. La tentative d’« assassinat de Marwan Hamadé avait pour but de provoquer Walid Joumblatt et de le rendre fou, avait affirmé M. Sayyed devant les juges. Joumblatt est devenu dix mille fois plus fou qu’il ne l’était parce qu’il a considéré que c’était un message qui lui était adressé de la part de la Syrie ».
« Merci de m’avoir traité de fou après avoir essayé de tuer Marwan Hamadé et plus tard après l’assassinat de (Rafic) Hariri », a répondu M. Joumblatt sur Twitter. « Je vous rappelle que je suis toujours fou. Ils (les Syriens) sont entrés en faisant couler le sang de Kamal Joumblatt et sont ressortis en faisant couler le sang de Rafic Hariri », a-t-il ajouté. « Faut-il vous rappeler que votre ami Bachar el-Assad a assassiné un peuple tout entier, le peuple syrien ? » a conclu le chef du Parti socialiste progressiste.
Michèle Tuéni
De son côté, l’ex-candidate aux législatives Michèle Tuéni, fille de l’ancien député Gebran Tuéni, assassiné en décembre 2005, a réagi dans la presse aux propos de M. Sayyed, estimant « honteux que M. Sayyed livre un récit au nom d’une tierce personne qui a été assassinée et qui, par conséquent, ne peut plus répondre », dans une allusion à son père. M. Sayyed avait démenti, mercredi, devant le TSL que Bachar el-Assad ait demandé à Rafic Hariri de céder ses parts dans le quotidien d’opposition an-Nahar, dont Gebran Tuéni était le dirigeant à l’époque. C’est l’ancien Premier ministre lui-même qui aurait en revanche ambitionné d’augmenter le nombre de ses actions au sein du journal de sorte à devenir actionnaire majoritaire. C’est ce dont le journaliste Gebran Tuéni aurait informé Jamil Sayyed « en 2001 ou 2002 », au cours de l’une de ses réunions « régulières » chez le directeur de la Sûreté générale, toujours selon le récit de M. Sayyed.Mme Tuéni a précisé que la personnalité grecque-orthodoxe à laquelle M. Sayyed a fait allusion (voir l’édition de mercredi) et qui souhaitait acheter des parts était l’ancien vice-président du Conseil, Issam Farès, qui avait acquis 10 % des actions du quotidien, précisant que ce dernier avait une « relation de longue date avec les Tuéni ». Et de rappeler que M. Farès était parmi ceux qui « tenaient à ce que le quotidien reste indépendant ». Et de conclure que « M. Sayyed n’était aucunement attaché à l’intégrité d’an-Nahar, un quotidien dont les prises de position ne ressemblent en rien à celles de M. Sayyed «, rappelant au passage les « pressions » que subissaient de la part de la Sûreté générale les journalistes de ce quotidien, « dont Samir Kassir ».


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JOUMBLATT : - JE SUIS FOU ! TU ES QUOI ? CHEX MOI, ROI ! QU-ES-TU TOI ?
16 h 38, le 08 juin 2018