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Moyen Orient et Monde

Deraa et Qouneitra sur le point de retomber dans l’escarcelle de Damas sans combats

Éclairage
OLJ/AFP/Layal ABOU RAHAL
06/06/2018

Sept ans après avoir donné naissance à la révolte populaire en Syrie, le sud du pays semble sur le point de retomber dans l’escarcelle du régime en vertu d’un consensus émergeant entre les puissances impliquées dans le conflit.

Un retour des provinces de Deraa et de Qouneitra dans son giron serait un succès de plus pour le régime qui, fort du soutien russe, a repris cette année le contrôle total de la région de Damas et a désormais la main sur 60 % du territoire. Cette zone, bordée par la Jordanie et la partie du Golan occupée par Israël, a un intérêt stratégique pour le pouvoir de Bachar el-Assad de par sa proximité avec Damas, mais aussi pour l’Iran, la Russie, Israël, la Jordanie et les États-Unis. Elle est principalement contrôlée par les rebelles et le groupe jihadiste État islamique y maintenant aussi une présence limitée. Des forces progouvernementales, dont environ 500 conseillers militaires iraniens et membres du Hezbollah, sont déployées dans la région. Le régime y a récemment envoyé des renforts et ses hélicoptères ont lâché la semaine dernière des tracts sur Deraa, menaçant la ville d’une offensive imminente et appelant les rebelles à se désarmer.

Mais si l’option militaire n’est pas à écarter, la voie diplomatique est pour l’instant privilégiée. « Il est clair qu’il existe un consensus entre Américains, Israéliens, Jordaniens et Russes pour que les forces du régime se déploient sans s’engager dans une opération militaire », explique Nawar Oliver, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion Omran, basé en Turquie. « C’est le premier exemple d’un consensus international pour le retour du régime » dans un territoire, estime-t-il.


(Pour mémoire : Moscou écarte Téhéran pour la bataille de Deraa)



Sentinelles
La Russie joue un rôle majeur dans ces tractations sur une région où Washington, Amman et Moscou avaient convenu l’an dernier d’un cessez-le-feu, et où Moscou, Téhéran et Ankara – qui soutient les rebelles – avaient instauré une « zone de désescalade ». Moscou a appelé la semaine dernière les Jordaniens et les Américains à négocier dans les plus brefs délais sur le sud syrien, et le président Vladimir Poutine a discuté du sujet jeudi dernier avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Israël, qui craint plus que toute une implantation iranienne à sa frontière, a conduit en mai des frappes aériennes sur des installations militaires en Syrie présentées comme iraniennes.

L’État hébreu souhaite, via les discussions menées par Moscou, la création d’une zone tampon dans le sud de la province de Qouneitra pour que les forces du régime lui « servent de sentinelles » en maintenant à distance les Iraniens et le Hezbollah, estime Nicholas Heras, chercheur au Center for a New American Security. En échange, le régime pourrait être autorisé à reprendre le contrôle de la province de Deraa. L’Iran, lui, marchanderait en contrepartie sa « liberté de mouvement le long de la route terrestre Téhéran-Beyrouth », selon Nawar Oliver. Cette route inquiète toutefois Israël et les États-Unis, car elle permet à l’Iran de fournir des armes au Hezbollah. Or les Américains cherchent à créer « une situation qui soit vivable pour Israël » dans le sud syrien, explique Nicolas Heras. « C’est très compliqué, cela implique qu’Assad demande aux Iraniens et au Hezbollah de partir. » 

Dans ce concert d’intérêts multiples, le régime pourrait récupérer une zone stratégique sans aucun effort militaire. Samedi dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, avait laissé entendre qu’un accord était en gestation, mais il a posé une nouvelle condition : le retrait des forces américaines de la base d’al-Tanaf, dans le sud-est du pays. 


Pour mémoire

L'Iran nie toute présence militaire dans le sud de la Syrie

La Syrie lie des pourparlers sur le Sud au retrait américain d'une zone frontalière


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET LA GARANTIE DES FRONTIERES D,ISRAEL...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC CERTES LA GARANTIE DU DEPART DE SYRIE DE L,IRAN ET DE SES ACCESSOIRES !

ACE-AN-NAS

Je ne sais pas si on comprend quelque chose à ce méli mélo stratégique, mais il est en tout cas clair que c'est UNE FOIS DE PLUS LES FORCES ALLIÉS DE LA COALITION WAHABO-OCCIDENTAUX SIONISES QUI RECULENT .

LES VICTOIRES S'ENCHAINENT POUR L'AXE DE LA RÉSISTANCE RUSSIE IRAN HEZB LIBANAIS RÉSISTANT.
Même si on veut donner l'impression d'une "reculade" iranienne .

Suite au prochain numéro.

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