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Campus

Au CEULS de l’USJ, on forme les citoyens de demain

GOUVERNANCE UNIVERSITAIRE

Face aux nouveaux défis de la société, Dina Sidani, directrice du Centre d’études universitaires du Liban-Sud de l’USJ, redéfinit le rôle de l’université.

19/05/2018

Se positionner en pôle de référence au Liban Sud et au Chouf ; devenir un acteur du développement durable au service de la région ; promouvoir et renforcer l’engagement éco-citoyen dans la collectivité : ce sont quelques-uns des principaux objectifs du Centre d’études universitaires du Liban-Sud (CEULS) dirigé par Dina Sidani depuis 2014. La dynamique experte en gestion et management (sa thèse de doctorat porte sur la gestion et le leadership dans les établissements d’enseignement), insiste sur l’objectif stratégique du CEULS : le développement de la région. « Nous travaillons avec les entreprises, les institutions, les écoles et tous les acteurs du monde professionnel dans la région. Nous sommes à l’écoute du marché de l’emploi », souligne-t-elle. Une écoute attentive et active qui donne lieu en février 2018 au lancement par le CEULS de la licence en enseignement. « C’est un programme sur mesure pour les professionnels. Les cours sont dispensés les vendredis après-midi et les samedis toute la journée », précise Mme Sidani avant d’ajouter : « Nous voulons ardemment contribuer à la formation des ressources humaines de la région. Et nous tenons à offrir aux jeunes du Liban-Sud et du Chouf la même qualité d’enseignement qu’à Beyrouth ainsi que des formations qui répondent aux besoins du monde du travail de la région. »
 
Formation transversale
Ayant à son actif dix-sept années d’expérience en tant que préfet d’un établissement scolaire et plus de dix ans en tant qu’enseignante en gestion et management, Mme Sidani a également exercé le métier de consultante en restructuration organisationnelle pendant de nombreuses années avant que ne lui soient confiés les rênes du CEULS. Établi en 1977, le Centre d’études universitaires au Liban-Sud de l’USJ attire aujourd’hui quelque 200 étudiants et étudiantes en provenance de diverses régions du Sud, de Jezzine, Saïda, Nabatiyeh, Tyr, Bint Jbeil, Rmeich… Ils y poursuivent des études de premier cycle en lettres françaises, en gestion, en enseignement ou en sciences de la vie et de la terre. « Ils se côtoient, travaillent ensemble, apprennent, à travers le travail en groupe et les activités estudiantines, à s’écouter, à mieux se connaître et à s’enrichir de leurs différences », relève Dina Sidani qui insiste sur l’importance de former les étudiants à « l’esprit critique et citoyen » et de leur « inculquer les valeurs attachées à la citoyenneté ». Une mission que le centre accomplit en impliquant régulièrement les jeunes universitaires dans des actions bénévoles et citoyennes telles que des campagnes de collecte de sang, des activités de reboisement, des interventions locales pour valoriser le patrimoine culturel et touristique de la région ou en offrant aux étudiants un cours optionnel qui porte sur une action concrète sur le terrain.
Selon Dina Sidani, le défi est de former des travailleurs polyvalents et flexibles, dotés de « compétences transversales » qui les rendent adaptables à toutes les situations nouvelles. Comment y arriver ? « En développant la créativité et la capacité d’innovation de ces jeunes, et ce à travers des projets pluridisciplinaires. Source de créativité et d’innovation, l’interdisciplinarité est le défi majeur de notre formation. En mixant les domaines d’études et en favorisant le dialogue entre les disciplines, les étudiants obtiennent une vision plus globale, plus affinée et plus adaptée aux enjeux sociétaux, tout en développant leurs compétences techniques, sociales et relationnelles », assure-t-elle avant d’ajouter : « Toutes ces activités font appel à des compétences transversales qui favorisent notre culture de la valeur éducative du bénévolat. » Il s’agit pour la directrice du CEULS de passer d’une logique de transmission de savoir à une logique de pédagogie active, mettant à l’honneur « l’expérientiel » chez les étudiants.

Écoute et créativité
Convaincue que la gouvernance universitaire est l’un des leviers par lesquels l’université peut avancer et mieux répondre aux défis qu’elle rencontre, Mme Sidani s’appuie dans sa planification et son pilotage stratégiques sur quatre piliers, « l’écoute, la réflexion, la créativité et l’action ». Dans ce cadre, la très active directrice a visité une quinzaine d’établissements scolaires à Tyr, Nabatiyeh, Jezzine et Saïda. « Je me suis rendu compte à quel point établir des contacts sur le terrain était important. J’ai rencontré les chefs de section et les directeurs des départements dans les écoles visitées. Je leur ai parlé des activités que nous organisons, mais également, j’ai promu les différents débouchés offerts aux étudiants libanais qui se spécialisent en lettres françaises : journalisme, critique d’art, etc. » Conséquence : une vingtaine d’élèves du secondaire ont pris part à l’atelier d’écriture « Les mots voyageurs », animé par le professeur Rami el-Zein au CEULS au mois de mars passé.
Par ailleurs, Dina Sidani a lancé l’Université pour tous-Sud (UPT-Sud), offrant des activités culturelles francophones à l’ensemble de la collectivité. Faisant appel à un spécialiste de la littérature jeunesse, le centre a également organisé un atelier inédit réunissant simultanément des mères avec leurs enfants. « Nous avons accueilli entre 25 et 30 enfants. C’était magnifique. Les mères étaient ravies », indique-t-elle. En mai 2017, sous son impulsion, l’Association des anciens du centre d’études universitaires du Liban-Sud – USJ voit le jour. Outre le rayonnement du CEULS au Liban-Sud et ailleurs, cette association permet de raviver chez les diplômés le sentiment d’appartenance à leur université et leur donne l’occasion de soutenir les étudiants actuels.
Créative et entreprenante, Dina Sidani envisage d’inviter « des hommes et surtout des femmes qui ont réussi » à venir au CEULS partager leurs histoires. Sa devise : « Les choses paraissent difficiles parce que nous n’osons pas. » « Il faut innover, être créatif, tout en nous adaptant aux nouvelles donnes de la réalité socio-économique et aux défis de la société pour former nos citoyens du monde de demain », explique-t-elle. Et de conclure : « Ce qui implique de faire preuve d’adaptation et de flexibilité, tout en favorisant ce qui renforce notre identité. » D’ailleurs, c’est le message qu’elle aimerait communiquer aux jeunes Libanais.



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