X

À La Une

Armes chimiques : Paris gèle les avoirs d'entités syriennes et libanaises

Sécurité

Les entreprises Al Mahrous Group (Damas) - dont deux filiales à Dubaï et en Egypte - Sigmatec (Damas), Technolab (Liban) ainsi qu'une société de négoce basée à Guangzhou en Chine sont notamment recensées.

OLJ/AFP
18/05/2018

La France a gelé vendredi les avoirs de trois personnes et neuf entreprises pour leur implication présumée dans le programme d'armes chimiques syrien, alors qu'une trentaine de pays réunis à Paris ont réaffirmé vouloir recréer des mécanismes permettant d'identifier et punir les responsables d'attaques chimiques.

"En nous rassemblant, nous envoyons un message clair: il n'y aura jamais d'impunité pour ceux qui gazent des combattants ou des civils", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en clôturant cette réunion du Partenariat international contre l'impunité de l'utilisation d'armes chimiques, initié par la France en janvier, après les vetos russes à la poursuite d'enquêtes internationales dans le cas de la Syrie.  "Nous avons besoin d'un nouveau mécanisme pour identifier non seulement l'usage d'armes chimiques mais aussi pour identifier ses auteurs", a renchéri son homologue britannique Boris Johnson.

Plus tôt vendredi, le gouvernement français avait annoncé le gel d'avoirs de plusieurs entités, domiciliées pour la plupart en Syrie et au Liban, travaillant "au bénéfice" du Centre d'Etudes et de Recherches syrien (CERS), "principal laboratoire syrien en charge du développement et de la production non conventionnelle d'armes chimiques et de vecteurs balistiques", selon un communiqué commun du ministère des Affaires étrangères et de l'Economie et des Finances. "Elles ont été désignées pour leur implication dans la recherche et/ou l'acquisition pour ce centre de matériels contribuant au développement des capacités militaires chimiques et balistiques de ce pays", est-il ajouté.

Deux ressortissants syriens sont également cités, ainsi qu'une personne née en 1977 au Liban dont la nationalité n'est pas précisée.

Les entreprises Al Mahrous Group (Damas) - dont deux filiales à Dubaï et en Egypte - Sigmatec (Damas), Technolab (Liban) ainsi qu'une société de négoce basée à Guangzhou en Chine sont notamment visées. Ces trois entreprises sont déjà la cible de sanctions de la part du Trésor américain, pour des liens présumés avec le programme d'armement syrien. Les avoirs de ces entités et personnes sont gelés pour six mois et toute mise à disposition de fonds ou ressources économiques interdite pour la même durée, stipulent des arrêtés publiés vendredi au Journal Officiel.

La France a en outre publié vendredi soir "une +liste de vigilance+ portant sur près de 50 personnes dont elle estime la participation au développement du programme chimique syrien hautement probable", a annoncé M. Le Drian.

Le CERS est depuis longtemps dans le viseur des Occidentaux. L'entité, rattachée au ministère de la Défense syrien, et soupçonnée d'être le principal laboratoire en charge des programmes chimiques. Le 14 avril, les frappes occidentales en Syrie menées par Washington, Paris et Londres avaient visé des antennes de cette institution, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Aziz Allouche, propriétaire de l'entreprise Technolab basée à Nabatiyé, dans le sud du Liban, a assuré à l'AFP fournir uniquement aux universités, écoles et centres éducatifs professionnels du matériel électronique et mécanique.  Ce sont des produits "à double usage. Les appareils que l'université prend peuvent avoir un usage civil ou militaire", explique-t-il, mais "si quelqu'un prend un appareil et l'utilise pour faire autre chose, en quoi est-ce ma faute?". Depuis 2016 et les sanctions américaines, il assure avoir "arrêté le travail avec la Syrie" même s'il reconnaît toujours "aider des gens qu'il connaît personnellement".

La France avait déjà gelé en janvier les avoirs de 25 entités et responsables d'entreprises syriens mais aussi français, libanais ou chinois, soupçonnés d'alimenter le programme syrien d'armes chimiques. Parmi les entreprises visées figuraient alors des importateurs et distributeurs de métaux, d'électronique et de systèmes d'éclairage. Certaines n'avaient pas d'existence physique à l'adresse indiquée.



Pour mémoire

Armes chimiques en Syrie : 25 entités et responsables d’entreprises (dont des Libanais) sanctionnés par Paris

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

AIGLEPERçANT

Reconnaître avoir perdu la guerre du complot qu'on a initié serait de loin plus digne et plus louable.

Minable France.

Antoine Sabbagha

Avant de geler les avoirs d'entités syriennes et libanaises, il faudra savoir quels chercheurs et quels laboratoires ces terroristes utilisent dans le monde pour aboutir à leur but .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ENCORE FAUT-IL QU'ILS AIENT DES COMPTES EN FRANCE !

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le travail des Palestiniens, un dossier délicat et un timing sensible

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants