Moyen Orient et Monde

Un terme de Constantine Zurayk pour décrire la catastrophe de 1948

Les 70 ans de la Nakba : petites et grandes histoires...
17/05/2018

Quelques mois après la création de l’État d’Israël et l’exode des Palestiniens en 1948, l’intellectuel et penseur syrien, Constantine Zurayk, a rédigé un essai intitulé Le sens du désastre,(Ma’ana el-Nakba). C’est ainsi que le mot Nakba, signifiant en arabe un immense désastre duquel il est difficile de se remettre, a été adopté pour décrire la naissance de l’entité israélienne et l’exode de dizaines de milliers de Palestiniens.
Constantine Zurayk a utilisé ainsi un terme jusqu’alors commun pour créer un concept qui sera utilisé dès lors pour désigner, pour les Arabes, l’un des pires moments ayant changé le cours de leur histoire.
Le manuscrit de l’essai est précieusement préservé à la bibliothèque de l’Université américaine de Beyrouth (AUB).
Quand il a écrit ce texte durant l’été 1948, Constantine Zurayk venait d’achever un mandat d’ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies et des États-Unis et avait repris son poste d’enseignant d’histoire à l’AUB. Il avait préféré l’enseignement à la diplomatie.
À New York, il avait œuvré avec le penseur libanais Charles Malek auprès des Nations unies pour accélérer le retrait des troupes françaises du Liban et de Syrie après l’indépendance des deux pays.
Dans la préface du manuscrit, Constantine Zurayk précise qu’il l’a rédigé entre le 25 juillet et le 5 août 1948, alors qu’il était au Park Hotel de Broummana. « La défaite des Arabes en Palestine n’est pas une calamité passagère ni une simple crise, mais un désastre (Nakba) dans tous les sens du terme, le pire qui soit arrivé aux Arabes dans leur longue histoire riche en drames », y écrit-il.
L’essai sera publié à plusieurs reprises et le terme « Nakba » entrera rapidement dans le langage – du monde arabe – pour désigner aussi bien la création de l’État d’Israël et l’exode des Palestiniens en 1948 que la débâcle des troupes arabes en 1949, bref toute cette période charnière des pages – pas très glorieuses – de l’histoire des peuples arabes. Plus tard, ce terme sera utilisé, dans toutes les langues, par les partisans de la cause palestinienne.
Constantine Zurayk, dont une route de Beyrouth porte le nom, est né à Damas en 1909, au sein d’une famille grecque-orthodoxe. Il est l’un des pionniers du nationalisme arabe et l’un des précurseurs du modernisme arabe.
Il a occupé le poste de président de l’Université américaine de Beyrouth de 1954 à 1957 et a été l’un des fondateurs de l’Université de Damas. Il a vécu au Liban où il est mort en 2000.

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Pays : Liban ; capitale : Téhéran

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué