La couverture du dernier numéro de « Paris Match ».
En dépit du caractère de plus en plus archaïque de la manœuvre, à l’heure où tout est disponible et achetable en ligne, les censeurs libanais restent infatigablement à l’œuvre. Ainsi, sur ordre de la Sûreté générale, quatre hebdomadaires français, Paris Match, L’Obs, Courrier international et Le Point n’ont pas été distribués dans les librairies et kiosques libanais. Motif ?
Ils comportent un dossier spécial consacré à Israël à l’occasion du 70e anniversaire de la création de l’État hébreu.
Comble du ridicule et summum de la réaction primaire et irréfléchie : le numéro (3 600) de Paris Match, en date du 10 au 16 mai, donne notamment la parole au cinéaste israélien Amos Gitaï, qui évoque dans un article ses impressions sur la société israélienne, adoptant un ton critique vis-à-vis de la politique officielle israélienne depuis 1982 et louant l’action des associations civiques israéliennes, qui « bien que maltraitées, restent pourtant convaincues de la nécessité de tendre la main, de bonne foi, aux Palestiniens qui sont sous occupation depuis cinquante ans ». « Ces associations soulèvent des questions d’éthique et de morale auprès du public. Elles sont la preuve vivante qu’il existe des Israéliens sincèrement désireux de réconciliation et que le pays n’appartient pas seulement aux responsables politiques actuellement au pouvoir », note le réalisateur israélien. Des propos qui ont dû certainement heurter profondément les censeurs !


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Etes vous sûr qu'ils sont français ?
13 h 41, le 15 mai 2018