Avec « objectivité et réalisme », le candidat malheureux aux élections législatives de la circonscription I au Liban-Nord (Batroun-Koura-Zghorta-Bécharré), Boutros Harb, a annoncé hier, dans une conférence de presse tenue à son domicile, à Hazmieh, qu’il a décidé de « respecter le choix » des électeurs et de ne pas présenter de recours en invalidation, malgré les graves irrégularités qui, à ses yeux, ont entaché le scrutin et ont provoqué son échec.
C’est ainsi que M. Harb a remercié ceux de ses partisans « qui ont voté pour moi en dépit des pressions, menaces, séductions, emplois et promesses d’emplois, et franches et scandaleuses avances monétaires », qui ont été utilisés par ses adversaires.
L’ancien député de Batroun n’a pas omis de rappeler qu’il a milité contre la loi électorale qui a finalement été votée, qui force l’électeur à voter, en même temps que pour son candidat, pour d’autres candidats auxquels il est hostile ; il a affirmé « comprendre ceux qui se sont abstenus de voter pour moi, du fait de la présence sur la liste électorale à laquelle j’ai été contraint de s’affilier de candidats qui ne partageaient pas mes orientations politiques ».
« Mais en ne votant pas pour moi, vous avez indirectement aidé à l’élection de ceux qui avaient été la cause de votre abstention », a-t-il déploré. « Je ne peux pas ne pas regretter non plus le choix de ceux qui m’ont privé de leur vote par nécessité financière, a renchéri M. Harb. Cet état de nécessité a été exploité par mes adversaires pour acheter leurs consciences ; je ne peux non plus omettre ceux qui, soumis aux menaces, ont craint de perdre leur poste dans la fonction publique, ou ceux qui ne m’ont pas appuyé par avidité pour un poste ou un avancement ».
Le mohafez du Liban-Nord
« Pas une arme légale ou illégale qui n’ait été utilisée pour me faire échouer », a clamé M. Harb, qui a dénoncé vigoureusement, sans le nommer, le rôle joué par le mohafez du Liban-Nord dans ce domaine pour soudoyer les électeurs à coups de légalisations d’infractions aux lois sur le bâtiment, d’octroi de licences administratives illégales, par exemple d’exploitations de carrières, de blocage de formalités, etc.
M. Harb a également contesté le vote des émigrés et le transport des urnes de l’étranger sans qu’elles ne soient scellées, et leur décompte par une commission qui n’est pas habilitée à le faire.
Pour finir, l’ancien député a affirmé qu’il restera fidèle aux principes du 14 Mars et à ceux de ses compagnons qui ont versé leur sang pour cette cause, tout en assurant qu’il continuera d’exercer son rôle de censeur face au « cartel du pouvoir ».


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20 h 46, le 15 mai 2018