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Nos lecteurs ont la parole - Par Ronald Barakat

De l’esprit d’un peuple

À l’attention de cheikh Nadim Gemayel,
Voici que la campagne électorale touche à sa fin et que l’heure de vérité va sonner, même si cette vérité se trouvera biaisée par une loi électorale biscornue, aux circonscriptions taillées sur mesure, au vote préférentiel exclusif et aux mécanismes boiteux, notamment pour ce qui a trait au vote à l’étranger. Campagne effrénée au cours de laquelle il t’a fallu batailler sur plus d’un front, contrairement à celle de 2009 où deux camps bien distincts se faisaient face.
Heureusement qu’il y a le parti Kataëb pour sauver la face ! Heureusement que ce parti, aux côtés d’autres formations comme celles menées par Farès Souhaid et par Achraf Rifi, tient encore un discours à l’accent souverainiste et nous rappelle nos martyrs, parallèlement aux revendications sociétales, économiques et environnementales, et à la lutte contre la corruption.
Cette campagne a été d’autant plus exigeante qu’il t’a fallu partager tes forces et lutter sur d’autres fronts, notamment sur le front « civil » pour faire comprendre à certains activistes qu’on ne peut pas faire abstraction de la question souverainiste, que les réformes ne peuvent être menées à bien à l’ombre d’un mini-État et au sein d’un État ballotté par des courants régionaux, que les deux doivent aller nécessairement de pair, avec priorité à la souveraineté, car il ne sert à rien de nettoyer nos écuries d’Augias si nous en perdons la propriété.
Il t’a fallu aussi insister sur le caractère infondé des slogans du genre « tous c’est-à-dire tous », car tout n’est pas blanc ou noir, tous les politiciens ne sont pas corrompus, comme tous les activistes civils ne sont pas intègres, tous les nouveaux ne sont pas « tout nouveaux tout beaux », comme tous les anciens ne sont pas laids. Tu as bien fait remarquer qu’il n’est ni sage ni juste de confronter l’ancien avec le nouveau, mais plutôt le « juste » avec le « faux ». Or le parti Kataëb a toujours adopté des positions justes, pris des décisions justes, défendu des causes justes, soulevé des questions justes, suggéré ou apporté des réponses justes, dans les différents dossiers. De plus, tu as été en butte aux critiques qui, cherchant la faille dans la cuirasse, ont questionné tes performances et tes réalisations durant tes neuf années de députation, ce à quoi tu as répondu par un compte rendu détaillé de tes accomplissements, en dépit des crises et des « paralysies » politiques qui ont ponctué ton mandat. La critique étant aisée et l’art difficile, comme dit le dicton, il est en effet facile aux outsiders qui n’ont pas mis la main à la pâte, qui ne sont irréprochables que pour avoir un dossier vierge, de trouver à redire.
Cette campagne tous azimuts n’a toutefois pas pu te distraire du « cœur » de la capitale, cette Achrafieh que tu chéris particulièrement (sans nullement négliger les autres secteurs), ce « promontoire » où sont tombés des héros de la résistance libanaise, et à leur tête « l’esprit d’un peuple » duquel tu descends. À cette « compagne », tu réserves de beaux projets de développement avant-gardistes, d’ordre urbanistique et écologique, outre les projets éducatifs ayant surtout trait à l’école publique. Ces colonnes ne pouvant contenir ton programme ni résumer ta vision, nous nous contenterons de relever tes leitmotivs durant tes tournées, à savoir l’assurance-vieillesse, la création d’emplois dans les secteurs productifs, la décentralisation administrative, accompagnée de l’administration électronique, la lutte contre la corruption qui devrait se traduire par l’activation de la loi d’accès à l’information et celle du « médiateur de la République », dit ombudsman (votées et rangées dans le tiroir), par la finalisation de la loi pour la protection des lanceurs d’alerte (whistleblower), par l’amendement de la loi sur l’enrichissement illicite, par la création d’une commission nationale de lutte contre la corruption et par le « dégel » du ministère concerné.
Il ne me reste plus qu’à te souhaiter bonne chance, cheikh Nadim, souhaiter ton retour à l’hémicycle, non seulement pour toutes ces bonnes raisons rationnelles, mais aussi pour des raisons émotionnelles car tu n’es pas un politicien (terme devenu péjoratif) mais un politique, un vrai, assujetti à une double éthique, à savoir l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.


À l’attention de cheikh Nadim Gemayel,Voici que la campagne électorale touche à sa fin et que l’heure de vérité va sonner, même si cette vérité se trouvera biaisée par une loi électorale biscornue, aux circonscriptions taillées sur mesure, au vote préférentiel exclusif et aux mécanismes boiteux, notamment pour ce qui a trait au vote à l’étranger. Campagne effrénée au cours de laquelle il t’a fallu batailler sur plus d’un front, contrairement à celle de 2009 où deux camps bien distincts se faisaient face.Heureusement qu’il y a le parti Kataëb pour sauver la face ! Heureusement que ce parti, aux côtés d’autres formations comme celles menées par Farès Souhaid et par Achraf Rifi, tient encore un discours à l’accent souverainiste et nous rappelle nos martyrs, parallèlement aux revendications...
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