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Saad Ramadan fait revivre Abdel Halim Hafez à Paris

Concert

Le chanteur libanais se produira ce soir aux Folies Bergère, lors d’un concert-hommage à son idole.

27/04/2018

Le 30 mars 1977 fut un mercredi noir pour l’Égypte. À 47 ans seulement, le chanteur populaire Abdel Halim Hafez mourait à Londres des suites d’une bilharziose, une infection parasitaire, plongeant son pays dans le deuil. Trois jours plus tard, à 11 heures, une foule noire remplissait les ruelles du Caire pour assister à ses funérailles, les plus grandioses dans le pays depuis la mort d’Oum Kalsoum et du président Gamal Abdel Nasser. Effondrées, quatre jeunes femmes allaient même jusqu’à se suicider, l’une d’elles se jetant du septième étage de l’immeuble qu’habitait el-Aandalibel-Asmar (le rossignol brun), comme on le surnommait. Quatre décennies plus tard, la musique de Abdel Halim continue de faire rêver. Son héritage, 16 films et plus de 300 chansons, reste dans la mémoire collective, et de nombreux chanteurs modernes se le réapproprient. 

C’est dans cet esprit que se tient ce soir à Paris, aux Folies Bergère, un concert intitulé Abdel Halim Hafez : l’histoire d’une légende, produit par 2U2C et qui s’inscrit dans une série de concerts en hommage à de grands noms de la chanson arabe. Pour l’occasion, des images d’archives et des reportages seront diffusés pour retracer les étapes les plus importantes de la vie du chanteur. À l’affiche de cet événement, un Libanais, le talentueux Saad Ramadan.

Connu depuis plus de 9 ans sur la scène musicale populaire, depuis sa participation et sa troisième place au télécrochet Star Academy, ce jeune homme originaire de la localité de Barja a surtout marqué les esprits, lors de sa première apparition à la télévision, par la similitude entre sa voix et celle du Aandalib. « Abdel Halim Hafez est un baryton-basse et moi un baryton, ceci peut créer des similitudes dans le chant, explique le chanteur. On m’a toujours dit que nous avions le même timbre de voix. »


Le rêve d’une vie
L’histoire de Saad Ramadan avec Abdel Halim remonte à l’enfance du Libanais. « Quand j’ai commencé à m’éveiller à la musique, j’ai d’abord écouté Oum Kalsoum car ma mère chantait ses chansons, dit-il. Plus tard, vers l’âge de 16 ans, j’ai voulu découvrir une musique qui me touchait plus personnellement, qui me ressemblerait, et c’est là que j’ai commencé à aimer Abdel Halim. Je me souviens avoir passé ma retraite du bac à fredonner ses chansons dans ma chambre, oubliant mes livres et cahiers ! » 

L’an passé, le jeune homme aux yeux clairs s’était produit à l’Unesco avec des chanteurs du monde arabe pour rendre hommage à Abdel Halim Hafez, avant de chanter également à l’opéra du Caire, d’habitude réservé à une génération d’artistes plus ancienne. « Ce soir, je réalise le rêve de ma vie, explique Saad Ramadan, celui de chanter le répertoire de ce grand romantique sur une grande scène à Paris avec un grand orchestre de plus de 30 musiciens et choristes. C’est également la première fois que je me produis en concert dans la ville de l’amour. Je chanterai de nombreux tubes, comme Kamel el-awsaf, Gabbar, Qari’at el-fenjan et mon titre préféré Balach el-eetab. Ce concert est une étape charnière dans ma vie d’artiste, moi qui en suis encore au lancement de ma carrière. »




Enfin un premier album
Depuis Star Academy, Saad Ramadan n’a pourtant pas perdu son temps. Son premier single Kholis el-wa’et, une ballade romantique, avait connu un immense succès en 2008, suivi par de nombreux tubes modernes comme Bayya’ bi hobik, el-Bayt el-lebnani, Min addak, Ehsasik sanam et Aalayha ouyoun. Il y a un mois, il a dévoilé son premier album Ma baaref. « J’ai voulu finalement sortir un album, explique Saad Ramadan. Il ne regroupe que six chansons, mais elles ont toutes été travaillées comme des singles. Je suis satisfait de savoir que le public a déjà retenu la plupart de celles-ci, surtout la chanson Ma baaref, qui a reçu de nombreuses critiques avant de connaître le succès mérité. Son style, nouveau, peut d’abord sembler étrange, surtout le fait de répéter le mot Ma baaref (Je ne sais pas) plusieurs fois, mais Abdel Halim lui-même avait réussi avec le titre Toba où il ne cesse de répéter le même mot. »

À la question de savoir si chanter le « tarab » de Abdel Halim Hafez ce soir à Paris pouvait porter préjudice à sa carrière de chanteur pop et proche des jeunes, Saad Ramadan répond : « C’est un risque à prendre, mais je pense pouvoir réussir dans les deux genres. Ils font tous les deux partie de mon univers musical que j’aimerais faire partager. »



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