Les locaux de la Banque mondiale à Washington, le 3 mai 2013. AFP/Brendan Smialowski
Les pays membres de la Banque mondiale ont approuvé samedi une augmentation de capital de 13 milliards de dollars pour financer les pays les plus pauvres, grâce à un revirement des États-Unis qui s’y étaient jusqu’à présent opposés.
Le Comité de développement, qui regroupe les membres de l’institution, s’est « félicité » de l’approbation de cette mesure défendue depuis plus d’une année par le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, pour faire face à la concurrence de nouveaux acteurs du développement. « L’enveloppe financière comprend des augmentations générales et sélectives du capital souscrit d’un montant de 13 milliards de dollars », a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué au terme des réunions de printemps de la BM et du FMI à Washington.
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, dont le pays est le principal actionnaire de la Banque mondiale et dont le feu vert est nécessaire pour toute décision, avait auparavant apporté le soutien de son pays à l’augmentation de capital, saluant une mesure qui « permettra d’orienter les prêts vers les clients les plus pauvres ». En octobre, lors de la réunion annuelle de la banque à Washington, le ministre des Finances américain avait pourtant écarté fermement cette augmentation, exigeant « un changement important dans l’attribution des financements afin de soutenir des pays qui ont le plus besoin de financer leur développement ». Steven Mnuchin s’était alors plaint que la banque ait encore des programmes avec la Chine, la deuxième économie mondiale, estimant qu’elle ne devait plus bénéficier du soutien financier de la Banque mondiale.
L’administration Trump a manifestement obtenu des concessions. Dans son communiqué, le Comité de développement s’est engagé à ce que « les ressources de la Banque mondiale soient orientées vers les régions qui ont le plus besoin de financements », comme l’exigeait Washington. En outre, il a aussi accepté que les budgets et les salaires de la direction de la Banque mondiale soient « examinés par les organes compétents afin de définir éventuellement des mesures additionnelles de réduction des coûts », une décision qui devrait ravir M. Mnuchin qui avait déjà souhaité à l’automne un meilleur contrôle des dépenses.
Source : AFP

