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Liban

Proposition de loi bipartisane US pour le désarmement du Hezbollah

États-Unis
S. N. | OLJ
21/04/2018

Deux membres du Congrès américain, Tom Suozzi (démocrate) et Adam Kinzinger (républicain), ont déposé hier devant la Chambre des représentants US une proposition de loi inédite pour le désarmement du Hezbollah (« Disarm Hizballah Act »). Ce projet de loi prescrit au directeur du renseignement national (institution répondant directement du chef de la Maison-Blanche) Daniel Coats de soumettre, dans un délai de 90 jours, un rapport complet sur l’arsenal et les activités militaires transfrontalières du Hezbollah. Ce rapport doit inclure une évaluation complète du nombre de roquettes qu’il détient, une description détaillée des voies d’acheminement « illicites » de ses armes, une estimation de « ses capacités tactiques, y compris de défense » et « des effets de ses ingérences dans les conflits régionaux », ainsi qu’une identification « des opérations internationales de soutien au réseau du Hezbollah ». La proposition de loi fait référence sur ce plan aux « convois transportant des armes » au parti chiite, y compris depuis la Syrie, vers les fronts avec Israël, lequel a « attaqué des douzaines de convois au cours des cinq dernières années ».


(Lire aussi : Nouvelles sanctions US contre des soutiens du Hezbollah)


En outre, le texte questionne l’efficacité de la Finul et met ainsi à jour les vives réserves des États-Unis et d’Israël sur la mise en œuvre de la 1701 : le dernier renouvellement du mandat de la Finul en août 2017 par le Conseil de sécurité de l’ONU avait vu un bras de fer entre ces deux pays et la France notamment, autour de l’élargissement des compétences de la Finul au Liban-Sud, de sorte à l’impliquer dans le processus de désarmement du Hezbollah. Cette velléité israélo-américaine, que d’autres ont jugée propice à déstabiliser la frontière plutôt que d’en atténuer la menace, a fini par ne pas aboutir.
Le texte rebondit sur la question : le rapport attendu du directeur du renseignement doit inclure « une évaluation du succès du mandat de la Finul » ainsi que de la manière dont « le Hezbollah collecte, recèle et dépense des fonds sur les théâtres d’opération de la Finul », selon le texte. L’allusion est faite au trafic d’armes qu’Israël et les États-Unis accusent le Hezbollah de mener de pair avec des habitants au Liban-Sud. Des accusations réfutées jusqu’à nouvel ordre par les responsables de la Finul.
On notera que ce projet a pour motif général la nécessité de réagir au « danger grave et présent que représente le Hezbollah pour les États-Unis et l’intérêt de ses alliés à travers ses ingérences armées dans de nombreux conflits, notamment ceux du Yémen, d’Irak et de la Syrie ». 


(Lire aussi : Nouvelles sanctions US contre le Hezbollah, qui dénonce des "agressions continues envers le Liban")


En outre, le texte rappelle l’existence de sanctions financières mises en œuvre contre le Hezbollah depuis 2015 (« Hizballah International Financing Prevention Act ») : des sanctions qui ont certes « un impact » mais qui ne touchent pas au problème de « l’expansion continue de l’arsenal diversifié et létal du Hezbollah ».
Selon une source informée de la politique de Washington contre l’Iran et le Hezbollah, cette proposition de loi aurait plus une valeur morale que concrète, du moins dans l’immédiat. D’abord, parce que la question du désarmement du Hezbollah amène la question des étapes d’un tel processus, sa faisabilité. À cet égard, le projet n’apporte rien de nouveau.
Ensuite, les États-Unis semblent avoir pris la décision de ne pas combattre l’Iran dans la région (leurs frappes en Syrie ciblaient d’ailleurs des positions du régime), et de laisser faire Israël seul face à l’Iran (les dernières frappes israéliennes contre l’aérodrome T4, coûtant la vie à des militaires iraniens, en a été le premier signe), selon cette source. Ce face-à-face israélo-iranien pourrait « à tout moment dégénérer », toujours selon elle. La proposition de loi, bien que mettant explicitement en avant les intérêts d’Israël, ne serait pas en lien direct avec cette reconfiguration du conflit dans la région. Elle servirait seulement à dire, sur le terrain de la politique intérieure américaine, « qu’il faut encore faire plus que les sanctions financières à l’égard du Hezbollah ».


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