Le jeune activiste Kataëb, hier, après avoir été relâché. Photo Kataëb
Plus de 24 heures après son arrestation pour avoir distribué des tracts critiquant le député Ibrahim Kanaan, candidat du Courant patriotique dans la circonscription du Metn, le militant Kataëb Élias Haddad a été relâché hier dans l’après-midi. Cette relaxe intervient après que M. Kanaan s’est désisté de la plainte pour diffamation contre inconnu qu’il avait déposée jeudi à l’encontre du jeune partisan Kataëb, se félicitant « que la vérité ait été dévoilée et que justice ait été rendue ».
Les tracts distribués mercredi par Élias Haddad accusaient le député du Metn d’être responsable de « la décharge mortelle de Bourj Hammoud, l’installation d’une ligne de haute tension dans la région de Mansourieh et l’imposition de taxes supplémentaires ». Aussitôt après son acquittement, l’activiste a déclaré que « la distribution de tracts n’est pas un crime », estimant que « tant que ces tracts ne portent pas des atteintes personnelles, n’incitent pas aux dissensions confessionnelles et ne perturbent pas l’ordre public, nous sommes prêts à les distribuer à nouveau ».
L’arrestation du militant avait suscité de vives protestations tant au niveau des cadres Kataëb à travers leurs déclarations que de la part des membres de l’organisation estudiantine qui ont manifesté dans la rue.
Sur son compte Facebook, le vice-président du parti Kataëb, Salim Sayegh, a ainsi accusé le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, « garant de la liberté d’expression et de la bonne marche des élections », d’avoir donné l’ordre de « kidnapper des partisans Kataëb au motif qu’ils ont distribué des tracts contre un candidat qu’il soutient, en l’occurrence Ibrahim Kanaan, auteur de L’impossible quitus (un ouvrage dans lequel le Courant patriotique libre attaque les choix économiques et financiers du camp Hariri depuis les années 90) ».
Pour sa part, Nadim Gemayel, député d’Achrafieh, a plus généralement critiqué la classe au pouvoir qu’il a accusée de « faire usage de tous les moyens pour réprimer l’opinion du citoyen libre », estimant qu’« il s’agit d’un style dictatorial que pratiquent certains services ». « Ce régime est tyrannique et comparable aux régimes policiers », a-t-il ajouté.


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