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Auto - Rallye Safari

Entre savane et Grand Rift, la légendaire course africaine est en quête de renaissance

Réputé « le plus difficile du monde », le rallye avait été retiré du WRC après l’édition 2002 en
raison de son caractère dangereux.

Sur cette photo, datée du 26 février 1999, un guerrier maasaï regarde passer une Subaru Impreza conduite par le pilote indien Jamil Khan et son copilote indien Sudhir Thatti, à Kajiado, au sud-ouest de la capitale kényane Nairobi, lors du rallye Safari d’Afrique de l’Est. Simon Maina/AFP

À ses heures glorieuses, le rallye Safari d’Afrique de l’Est était réputé « le plus difficile du monde » et réservé aux pilotes les plus téméraires, secoués pendant plus d’un demi-siècle à travers la savane et les escarpements de la célèbre vallée du Grand Rift.
Gagnée en leurs temps par Carlos Sainz, Colin McRae, Ari Vatanen ou Juha Kankkunen sur des pistes sablonneuses, rocailleuses, ou complètement inondées, la course est toutefois tombée en disgrâce auprès de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui l’a retirée, après l’édition 2002, du prestigieux championnat du monde des rallyes (WRC). Mais le rallye Safari, rétrogradé au championnat d’Afrique des rallyes (ARC), s’est engagé à laisser derrière lui les problèmes organisationnels et financiers à l’origine de sa chute – le rallye n’était même pas au calendrier ARC en 2015 et 2016 en raison de désaccords avec la FIA –, espérant faire son retour au calendrier WRC. Pour offrir à nouveau à l’Afrique, orpheline du rallye Dakar, une course automobile à dimension mondiale.
« Vous méritez d’avoir à nouveau votre rallye au calendrier », a lancé Jean Todt, président de la FIA, lors d’une récente visite au Kenya. M. Todt, un ancien participant, a cependant été clair : la sécurité est une priorité, et celui qui était à l’époque le seul rallye WRC disputé sur des routes non fermées à la circulation ne pourra plus se permettre des collisions entre bolides et troupeaux de vaches. « Les nouveaux standards du rallye doivent être respectés, a-t-il insisté. Ce qui était possible à l’époque, n’est plus possible de nos jours. »

Pour honorer Elizabeth II
La course a vu le jour en 1953, dix ans avant l’indépendance du Kenya. Un groupe de colons britanniques décide de célébrer le couronnement de la reine Elizabeth II, un an plus tôt, en parcourant 6 000 km à travers l’Afrique de l’Est, au cours d’un rallye automobile de cinq jours. Divisée en sept étapes colossales traversant la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda, la course inaugurale a consacré quatre vainqueurs, les voitures étant alors réparties en catégories en fonction de leur prix de vente. Appelée Coronation Rally jusqu’en 1959, la course s’est au fil des ans bâti une solide réputation et a attiré de plus en plus de pilotes étrangers. Il faudra toutefois attendre 1972 et la victoire du pilote finlandais Hannu Mikkola, sur une Ford Escort, pour que soit consacré un coureur n’étant pas originaire d’Afrique de l’Est.
« Le rallye Safari, ce n’était pas pour ceux qui sont fragiles du cœur », se souvient Prem Choda, un pilote kényan ayant participé à la course de 1974 à 1985. « Il fallait être fort mentalement et physiquement, c’était un rallye difficile, qui couvrait généralement 7 000 à 8 000 km sur des terrains vallonnés et des routes en mauvais état », ajoute-t-il.
Devenu un événement uniquement kényan à la fin des années 1970 en raison de rivalités politiques régionales, le rallye et ses bolides suscitaient l’émerveillement de dizaines de milliers de spectateurs locaux, qui n’hésitaient pas à se salir de boue pour aider les pilotes embourbés. « S’il y avait bien un événement annuel dans ce pays pour lequel le monde s’arrêtait et regardait dans cette direction, c’était le rallye Safari », se souvient le journaliste sportif kényan Roy Gachuhi, évoquant les images de savane et animaux sauvages diffusées en mondovision. Selon Glen Edmunds, ancien vainqueur kényan de l’épreuve, le Kenya et le WRC bénéficieraient du retour de l’Afrique au calendrier du championnat du monde des rallyes : « Le WRC a besoin de nos couleurs (africaines). À ce moment-là seulement, pourrons-nous parler d’un vrai championnat du monde des rallyes. »
Le gouvernement du président Uhuru Kenyatta s’est engagé à contribuer à hauteur de deux millions de dollars aux efforts pour ramener le WRC au Kenya. Mais la route est longue : le vice-président de la FIA, Surinder Thatti, en charge de l’Afrique, a prévenu qu’un retour ne se concrétiserait que si l’organisation était sans faille, qu’il s’agisse du tracé, de sa sécurité ou du sponsoring.
Ailéen KIMUTAI/AFP

À ses heures glorieuses, le rallye Safari d’Afrique de l’Est était réputé « le plus difficile du monde » et réservé aux pilotes les plus téméraires, secoués pendant plus d’un demi-siècle à travers la savane et les escarpements de la célèbre vallée du Grand Rift.Gagnée en leurs temps par Carlos Sainz, Colin McRae, Ari Vatanen ou Juha Kankkunen sur des pistes sablonneuses, rocailleuses, ou complètement inondées, la course est toutefois tombée en disgrâce auprès de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui l’a retirée, après l’édition 2002, du prestigieux championnat du monde des rallyes (WRC). Mais le rallye Safari, rétrogradé au championnat d’Afrique des rallyes (ARC), s’est engagé à laisser derrière lui les problèmes organisationnels et financiers à l’origine de...
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