Une décision du Conseil d’État d’autoriser certains pesticides qui avaient été interdits par les ministères de l’Agriculture et de la Santé précédemment a été attaquée hier par le député Waël Bou Faour, qui était ministre de la Santé au moment de l’interdiction. Lors d’une conférence de presse tenue au Parlement, M. Bou Faour a mis l’accent « sur le danger que représentent ces pesticides contre lesquels la FAO et l’OMS ont mis en garde, après avoir démontré que le taux de cancer a dépassé la ligne rouge au Liban ».
Prenant à partie le juge auteur de cette décision sans le nommer, M. Bou Faour a affirmé que « cette décision (…) est répréhensible », appelant les actuels ministres de la Santé et de l’Agriculture, Ghassan Hasbani et Ghazi Zeaïter, à « négliger cette décision et à ne pas l’appliquer ». Pour lui, « cette ingérence de la justice dans les affaires agricoles est une grave erreur », faisant prévaloir la « non-spécialisation du juge ».
En écho à ces paroles, le ministre de la Santé a publié un tweet dans lequel il affirme n’avoir pas encore été notifié de la décision du Conseil d’État sur l’invalidation des deux décisions précédentes sur l’interdiction de pesticides « nuisibles ». « Nous ne pouvons permettre d’enregistrer ou d’importer des matières qui mettent en danger la santé des Libanais, a-t-il poursuivi. Nous prendrons les mesures légales nécessaires, entre autres un recours contre ladite décision judiciaire afin de geler sa mise en application, du moins jusqu’à ce qu’une étude complète de ces matières soit effectuée. »
Par opposition, le ministre de l’Agriculture a publié un communiqué dans lequel il affirme « ne pas être en mesure de refuser l’application d’une décision de justice ».
Le ministre de la Justice, Salim Jreissati, s’est invité au débat hier, critiquant l’appel du député « candidat » Bou Faour à ne pas respecter une décision judiciaire. « Les propos tenus par M. Bou Faour sont répréhensibles, voire dangereux », a-t-il dénoncé. Pour lui, « les deux décisions (qui ont fait l’objet d’invalidation) sont des décisions organisationnelles qui nécessitent une consultation du Conseil d’État avant leur publication », estimant que « le non-respect de cette règle suffit à l’invalidation des décisions, quel que soit leur contenu par ailleurs, auquel le Conseil d’État n’a pas fait référence ».
Pour sa part, l’Association des importateurs et des commerçants des équipements de production agricole a publié un communiqué dans lequel elle traite « d’imprécis » les propos de M. Bou Faour, « surtout qu’il ne se fonde sur aucune étude scientifique, induisant par là même l’opinion publique en erreur ». « L’association refuse que des personnes non spécialisées s’expriment au nom de son secteur », poursuit le communiqué, qui ajoute que les produits en question sont toujours autorisés dans nombre de pays occidentaux, et qu’il n’existe pas d’alternative sur le marché libanais, ce qui nuit au travail des agriculteurs.
Liban - Agriculture
Bou Faour fustige une décision judiciaire d’autoriser certains pesticides
OLJ / le 05 avril 2018 à 00h00


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EST-CE QUE LE JUGE EST UN EXPERT D,AGRICULTURE ? ALORS ?
09 h 25, le 05 avril 2018