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« Girls for change » : une initiative libanaise pour les jeunes femmes vulnérables

Cinéma

Une initiative pour que le cinéma se conjugue davantage au féminin et que de jeunes Libanaises et réfugiées puissent accéder à l’autonomie

01/04/2018

Un projet intitulé « Girls for change » a été officiellement lancé jeudi dernier au Grand Sérail en présence du ministre des Déplacés, Mouïn Merhebi, du ministre d’État pour les Droits de la femme, Jean Oghassabian, de la représentante de l’Unicef au Liban, Tanya Chapuisat, et d’un grand nombre de diplomates et de personnalités. Il a essentiellement pour objectif de permettre aux jeunes femmes réfugiées et aux Libanaises des communautés hôtes d’accéder à l’autonomie, en les formant à l’audiovisuel.
C’est en 1974 qu’une Libanaise, Heiny Srour, a pour la première fois la charge de la réalisation d’un film. Son premier long métrage était intitulé L’heure de la libération a sonné.

« Girls for change » a été lancé au Grand Sérail par Sam Lahoud, président fondateur de Beirut Film Society, à l’origine de cette initiative. Une initiative soutenue par l’Unicef et réalisée en collaboration avec le Festival international du film de Notre Dame University et Canon.
Après avoir lancé le Beirut International Women Film Festival en mars pour mettre en lumière les femmes à l’œuvre dans le milieu du cinéma, Sam Lahoud vise avec « Girls for Change » à renforcer la place des femmes au cinéma, et plus particulièrement celle des jeunes femmes issues des communautés réfugiées ou hôtes. Ces populations défavorisées sont particulièrement sujettes à la violence et la discrimination sexuelles, a relevé Tanya Chapuisat dans son allocution. Le projet a pour objectif final de développer les capacités des jeunes adolescentes de 14 à 18 ans, étudiantes ou non, de nationalité libanaise, palestinienne ou syrienne.

Six formateurs professionnels, dont Sam Lahoud, vont donner des cours à ces apprenties réalisatrices. Elles suivront d’avril à octobre des sessions de création audiovisuelle et d’apprentissage des techniques du cinéma. À la sortie, les bénéficiaires du projet auront chacune produit par groupe de quatre un court-métrage qui sera projeté dans le cadre de festivals nationaux et internationaux.
Comme l’affirme Sam Lahoud dans son discours, « Beirut Film Society veut impliquer à la fois les zones urbaines et rurales au sein des projets qu’elle mène ». Le projet va se décliner dans cinq mohafazats : au Liban-Nord, au Liban-Sud, dans la Békaa, au Mont-Liban et à Beyrouth. L’objectif final est de corriger la représentation des femmes dans le cinéma, trop souvent reléguées au second rang.

Le projet qui s’adresse donc aux jeunes femmes vulnérables, libanaises et réfugiées, prend une dimension particulière compte tenu de la situation de ces dernières. Pour Mouïn Merhebi, « il faut donner aux femmes les moyens de devenir autonomes dans cette région. Nous devons les encourager pour qu’elles s’expriment par elles-mêmes. Les femmes ont le droit à une vie digne dans notre pays. Les Palestiniennes et Syriennes, souvent victimes d’abus, ont besoin qu’on leur consacre un effort double pour qu’elles puissent retourner chez elles avec de nouvelles aptitudes ».
Tanya Chapuisat se veut combative : « Il faut aller plus loin que l’accès à l’éducation et à la santé des femmes, et désormais s’affranchir des barrières qui les empêchent d’être indépendantes financièrement, d’avoir le contrôle de leur vie. » « L’Unicef croit que la capacitation des femmes est extrêmement importante, d’autant qu’elle favorise à terme le développement durable. Cette initiative à laquelle notre organisation prend part permet d’atteindre cet objectif et de réaliser une égalité des genres », a-t-elle affirmé.

Le cinéma est un moyen particulièrement utile pour promouvoir l’égalité des sexes. Jean Oghassabian veut même s’en inspirer puisqu’« en représentant la réalité, le cinéma offre par la même occasion des solutions ». L’une d’elles est « une révolution féminine contre l’inégalité, pour surmonter les problèmes auxquels les jeunes femmes sont confrontées ».
Pour celles et ceux ayant un doute sur la nécessité de ce combat, le test de Bechdel donne un aperçu de la présence et de l’importance des femmes dans les films. Simplissime, il permet de prouver par l’absurde qu’une grande partie des œuvres cinématographiques sont centrées sur des personnages masculins. Il suffit de soumettre trois questions à l’œuvre : ce film comporte-t-il au moins deux personnages féminins identifiables par un nom ? Ces deux femmes se parlent-elles ? Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme ? En 2016, après passage au crible de 4 000 différents films, 40 % des œuvres cinématographiques ont échoué face au test. Plus intéressant encore, les films réalisés par des femmes répondent en grande majorité positivement aux trois questions. La solution semble simple pour corriger la représentation des femmes au cinéma, et elle passe par l’inclusion de celles-ci au sein du 7e art. Le projet « Girls for change » est donc là pour rappeler qu’il faut assurer une visibilité pour la diversité des genres, gage d’une société plus égalitaire.



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