Les plus grandes banques du pays – dont les dépôts excèdent 2 milliards de dollars – ont enregistré une croissance modeste en 2017, a indiqué vendredi Bankdata Financial Services dans son dernier rapport annuel sur les performances de ces établissements. Le cabinet précise que l’activité dans le secteur bancaire a notamment souffert des répercussions de la démission-surprise depuis Riyad en novembre dernier du Premier ministre Saad Hariri. Bien qu’il soit revenu sur sa décision, celle-ci a encouragé certains déposants à exfiltrer une partie de leurs fonds du secteur bancaire libanais ou à convertir en devises une partie de leurs dépôts en livres, craignant pour la stabilité de la monnaie nationale. Dans un rapport publié en février, Bank Audi indiquait que l’équivalent de 2,9 milliards de dollars de dépôts en livres avaient été convertis. « La situation est redevenue normale début décembre », assure Bankdata, reprenant un constat partagé par de nombreux acteurs du secteur bancaire.
Saradar Bank rejoint la liste
Au rayon des nouveautés, le dernier rapport du cabinet intègre désormais 15 établissements, contre 14 lors de sa dernière édition trimestrielle publiée en novembre, avec l’arrivée de Saradar Bank, dont les dépôts ont dépassé, depuis, la barre des 2 milliards de dollars. Les 14 autres établissements pris en compte depuis fin 2013 sont, dans l’ordre décroissant : Bank Audi, BLOM Bank, Byblos Bank, Fransabank, Société générale de banque au Liban (SGBL), Bank of Beirut, Bankmed, Banque libano-française (BLF), Crédit libanais, IBL Bank, BBAC, First National Bank (FNB), Lebanon and Gulf Bank et Creditbank.
Au niveau des résultats, les actifs consolidés des 15 banques alpha ont atteint près de 232,98 milliards de dollars en 2017. Ce total s’élève à environ 230,4 milliards de dollars en excluant Saradar Bank, un chiffre qui reste en hausse (+6 % environ) par rapport aux 216,5 milliards de dollars enregistrés à fin 2016 pour les 14 autres établissements.
Les dépôts dans les banques alpha retenues dans ce rapport ont en outre totalisé 182,59 milliards de dollars en 2017, soit une hausse de 3,5 % en un an selon le cabinet. Au niveau des prêts, elles affichent un cumul de 66,50 milliards de dollars, en hausse annuelle de 1,7 %, tandis que l’augmentation du total de prêts contractés au Liban a été de 6,1 % sur cette période, notamment grâce aux plans de relance de la Banque du Liban, souligne le cabinet Bankdata, qui ajoute que « le taux de créances douteuses a atteint 5,63 % du total brut ».
Les bénéfices nets opérationnels cumulés des 15 banques alpha se sont pour leur part élevés à 2,40 milliards de dollars, en hausse de 6 % par rapport à fin 2016. Bankdata ajoute que les performances des banques alpha ont été réalisées sur des bases saines en termes de liquidité, de qualité des actifs de capitalisation et de profitabilité. Le cabinet note que les fonds propres des banques alpha ont atteint 21,8 milliards de dollars, en hausse de 6,4 % en un an. Enfin, le rendement sur actifs moyens en 2017 s’est stabilisé à 1,06 %, tandis le rendement sur fonds propres a reculé de 12,81 % à 12,57 %.
P.H.B.
Économie - Résultats 2017
Croissance modeste des banques alpha
OLJ / le 26 mars 2018 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef