Dans les rues de Tripoli, en novembre 2017. Dans la capitale du Liban-Nord, la bataille s'annonce rude pour les législatives. Archives AFP
À dix jours de l’annonce obligatoire des listes électorales dans les 15 circonscriptions prévues par la nouvelle loi, le flou demeure et les contacts vont bon train. À la différence de ce qui se passait lors des précédentes élections législatives, où la bataille se déroulait essentiellement dans les circonscriptions où la majorité des électeurs est chrétienne, cette fois, la bataille aura aussi lieu sur la scène sunnite. D’où l’intérêt à la fois local, régional et international que suscitent les élections du 6 mai.
En effet, sur le plan de la représentation chiite et druze, les noms des élus sont pratiquement connus à quelques sièges près, qui ne dépassent pas les doigts d’une seule main. Il y a par exemple un suspense concernant la circonscription de Baalbeck-Hermel, où deux sièges pourraient échapper à la liste qui regroupe les candidats d’Amal et du Hezbollah. Le courant du Futur a ouvertement annoncé son intention de viser le siège brigué par l’ancien directeur de la Sûreté générale Jamil Sayyed, puisque le secrétaire général de ce courant, Ahmad Hariri, a récemment déclaré que pour lui « vaincre Jamil Sayyed équivaut à obtenir 127 sièges sur 128 ». Alors que les Forces libanaises ne cachent pas leur volonté de briguer le siège maronite de la circonscription occupé actuellement par le député Émile Rahmé. Pour les Forces libanaises, qui sont la formation la plus influente à Deir el-Ahmar, le fief maronite de cette circonscription, le siège maronite de Baalbeck-Hermel constituerait une victoire symbolique importante, non seulement sur le plan de la représentation maronite, mais aussi parce qu’il s’agit d’une percée politique et populaire dans le fief, fermé jusque-là, du Hezbollah. Si elles parviennent à remporter le siège maronite de la circonscription de Baalbeck-Hermel, les FL deviendraient plus crédibles dans leur lutte contre l’influence du Hezbollah aux yeux des puissances régionales et internationales.
Du côté de la représentation druze, le seul suspense concerne un ou deux sièges dans la circonscription de Aley-Chouf, ainsi que le siège druze de la Békaa-Ouest et éventuellement un siège à Baabda, sachant que le chef du PSP a pratiquement accepté de laisser comme d’habitude un siège à l’émir Talal Arslane, alors que son combat est essentiellement dirigé contre l’ancien ministre Wi’am Wahhab et son parti, al-Tawhid al-Arabi, et contre Fayçal Daoud dans la Békaa-Ouest.
Même si aux yeux de ceux qui les mènent, toutes les batailles sont importantes, le véritable enjeu des élections du 6 mai se déroulera donc sur les deux scènes chrétienne et sunnite. Chez les chrétiens, il s’agit de l’éternelle bataille des poids respectifs, qui a pris une nouvelle importance depuis l’élection du général Michel Aoun à la présidence sur la base du slogan suivant : tout comme le choix du président de la Chambre reflète le duo fort chez les chiites et celui du Premier ministre reflète le courant le plus fort sur la scène sunnite, l’élection du président de la République devrait être le reflet du leader chrétien le plus représentatif au sein de sa communauté. Cette logique avait constitué une rupture avec le choix des précédents présidents de la République depuis l’adoption de l’accord de Taëf en 1990, et elle ouvre désormais de nouvelles perspectives pour le chef des Forces libanaises, qui se verrait bien en successeur de Michel Aoun à Baabda, dans l’optique du « président fort ». Même chose pour le chef des Marada, Sleiman Frangié, qui n’est pas candidat personnellement aux législatives, mais qui espère, à travers un jeu d’alliances avec le PSNS et Boutros Harb au Liban-Nord, agrandir son bloc parlementaire et s’imposer plus sérieusement sur la scène politique chrétienne. La bataille autour des sièges chrétiens sera donc destinée à déterminer le poids de chaque formation politique en vue d’autres responsabilités, sachant que le prochain gouvernement qui suivra les élections législatives devrait refléter la taille de chaque formation politique.
C’est aussi dans cet esprit qu’une bataille féroce aura lieu sur la scène sunnite, notamment dans la deuxième circonscription de Beyrouth (six sièges sunnites), à Saïda-Zahrani (deux sièges sunnites dans la capitale du Sud dont l’un est assuré à Bahia Hariri alors que le second pourrait revenir à Oussama Saad), dans la Békaa-Ouest (la liste du courant du Futur face à celle présidée par l’ancien ministre Abdel Rahim Mrad) et bien sûr à Tripoli, où la liste du Futur devra aussi affronter celle de l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, celle de l’ex-ministre Achraf Rifi et peut-être une quatrième liste. Le courant du Futur devra donc mener des batailles difficiles sur la scène sunnite, même s’il est plus à l’aise dans les circonscriptions mixtes, comme le Chouf-Aley où il est allié au PSP et aux Forces Libanaises et à Zahlé où les contours de ses alliances ne sont pas encore précis. Mais pour lui comme pour les partis chrétiens, la bataille électorale sera déterminante pour le poids politique dans la période qui suivra les législatives. La désignation du prochain Premier ministre devrait donc être en partie tributaire du résultat des législatives sur la scène sunnite. Surtout depuis que la situation régionale semble se compliquer et se radicaliser, augurant de nouvelles confrontations.


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C ca! L electiom de aou ? Un tournant , une evolution ds le choix qu on eut les chretiens a choisir leur president Fort. SERIEUSEMENT? ET alors la SAGA de son election Forcee sur LES LIBANAIS - tous- c etait quoi? Ah mais rien d essentiel. Juste que on bafoue la constitution, pr etre gentil.... 36 mois durant...RIEN A VOIR avec le bon choix chretien.
16 h 14, le 16 mars 2018