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Culture

Wassim Halal : darbouka, et plus si affinités

Musique

L’artiste franco-libanais profite de sa présence au
Liban et de la sortie de son triptyque « Le bal des embryons » pour dévoiler les multiples facettes de son jeu de darbouka et de son univers si spécifique, fait d’improvisations et d’expérimentations.

16/03/2018

On définit souvent les Libanais comme un peuple aventureux, capable d’aller dans les endroits les plus reculés du monde pour y chercher son graal. Le pays de Gex, région nichée entre deux cantons suisses, le Jura et la Savoie, est pratiquement inconnu du monde entier. C’est pourtant là-bas que les parents de Wissam Halal se sont rencontrés et qu’il y est né.

Résidant aujourd’hui officiellement dans l’Ain, Wissam Halal y est apparu en 1986, et y a vécu jusqu’en 2005. Parce que depuis tout jeune, il passait ses étés dans l’appartement familial à Tyr, la proximité de celui-ci avec une salle de mariage lui a permis de goûter très tôt et très régulièrement aux joies de la dabké et donc de la darbouka. Trouver un professeur de darbouka à Gex dans les années 80 étant quasi impossible, il apprend l’instrument à l’oreille, en essayant, expérimentant, improvisant. Et ce sont ces bases qui restent ses moteurs jusqu’aujourd’hui. D’abord avec son frère et d’autres percussionnistes dans la cour d’école, puis à Lyon et enfin à Paris avec ses deux amis pionniers, Benjamin Efrita, aussi de Gex, et maintenant bassiste et artiste visuel, et Pierrick Dechaux, Lyonnais, saxophoniste et aujourd’hui économiste. Leur motto était l’expérimentation sonore. Aussi bien dans la capitale du pays de Gex que dans celle des Gaules ou celle de la France, Wassim Halal passe son temps à jouer, partout, tout le temps, avec tout le monde, et à 20 ans, se spécialise dans l’improvisation. Mais la découverte d’un style musical particulier va changer sa vision. Cette musique tzigane turque, faite de bombardes, de grosses caisses et de darbouka, est un tournant. Elle lui offre un espace d’expression qui lui convient parfaitement, permettant une meilleure communication entre les musiciens, rendant une vraie improvisation possible.

Instrument culturel oriental multimillénaire, la darbouka se compose d’un corps en céramique ou terre cuite et d’une peau tendue. D’origine animale, par exemple chèvre, elle peut aussi être faite de peau de raie ou de peaux synthétiques, plus solides, moins tributaires des conditions météorologiques. Les sons peuvent venir de partout, de la peau, de la céramique, des doigts, de la paume, des ongles, du dos des mains, ce qui offre des multitudes de variations, de rythmes, et en fait un instrument extrêmement riche. Déjà auteur de plusieurs albums, il vient à Beyrouth, invité par l’Institut français dans le cadre du mois de la francophonie, pour présenter son triptyque Le bal des embryons et participer à différents ateliers. Comme son homonyme danois chef étoilé, Halal n’envisage pas la musique seul, et la pratique en groupe. Il est donc venu au Liban avec une armée de musiciens amis, tous fervents adeptes de l’improvisation, de l’expérimentation, et chacun expert dans sa spécialité.

Le local Sharif Sehnaoui à la guitare, le quasi-local Paed Conca à la clarinette, Laurent Clouet aussi à la clarinette, Florient Demonsant à l’accordéon, David Brossier au violon, Erwan Keravec à la cornemuse, Gwyn Wurst aux synthés, et les artistes visuels Diego Verastegui et Benjamin Efrita, le compagnon de longue date. Du 14 au 20 mars, leur programme de ministre les emmènera dans trois concerts, deux ateliers et une émission de télévision, chez Ghassan Yammine. Le prochain concert aura lieu le 17 mars au Yukunkun à Gemmayzé, et un dernier le 20 à Onomatopeia, aussi à Gemmayzé.



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