Nos Lecteurs ont la Parole

L’appel du vice...

Bélinda IBRAHIM
OLJ
13/03/2018

Le pays du Cèdre est le champion hors pair des commérages, voyeurismes et autres dérives perverses. Langues de vipère, yeux de lynx libidineux, doigts posés sur la gâchette, prêts à tirer sur les réseaux sociaux dès que le moindre scandale pointe du mot et/ou de la photo... Voilà comment les vies des uns se retrouvent instantanément phagocytées par les vices des autres. Certains, malheureusement fort nombreux, semblent profondément atteints de tous ces travers précités au point de jouir, installés sur ce qui leur fait office de balcon, d’une altercation à filmer entre femmes de mauvais voisinage. L’épouse trahie qui vient défier l’amante présumée dans la rue. Parce que tout se passe dans l’espace public au Liban. En quelques secondes, l’intimité de cette famille volera en éclats (de voix et d’insultes !) et fera le tour de la planète. Même les « expats » se mettent de la partie pour partager les vidéos, photos et noms de l’abusée, de l’abuseuse, de l’étalon et, comble du comble, de leur progéniture ! Aucun scrupule à hypothéquer l’avenir d’enfants traumatisés à vie à cause d’un abject vicieux de voisin, qui a vite fait de balancer en un clic les infos recueillies, à l’insu des protagonistes, sur tout ce qui véhicule l’info moderne de nos jours, à savoir la Toile !
Rien de vraiment étonnant sachant qu’une grande partie de la société libanaise souffre de l’appel du vice, qu’elle se nourrit de racontars sur les parties de jambes en l’air (des uns et des autres) ; son exigence intellectuelle plaçant les priorités (bien) en dessous de la ceinture. Ce qui se trame entre organes génitaux est une idée fixe que beaucoup poursuivent inlassablement, toutes tranches sociales confondues. La délation n’est pas que l’apanage des concierges d’immeuble, loin de là ! Des « bourgeoises » en apparence « bien sous tout rapport » n’ont aucun scrupule à téléphoner à des maris prétendument « cocus » pour les informer que leur femme les trompe, traîner des hommes et des femmes dans la boue, lyncher publiquement des personnes en les nommant (et en oubliant que la diffamation se paie très chèrement en temps voulu…).
En bref, ce qui vit dans ce pays et ce qui en est issu ne sont qu’un immense bordel sans nom. Il est très courant au Liban de voir installés autour d’une même table le mari, la femme, la maîtresse du mari, l’amant de la femme, etc. présences agréées par toutes les parties concernées. Seulement les bonnes mœurs, ce n’est jamais pour/et chez soi, c’est uniquement applicable aux autres. Le comble, c’est lorsque celles et ceux qui dénoncent avec virulence (les autres) s’avèrent être d’une moralité plus que douteuse. Mais ils/elles se permettent – fort(e)s de quelle morale? – de « corriger » sévèrement leurs congénères. Pour eux, tout est permis : faire des enfants dans le dos de leurs maris/épouses avec l’amoureux/se du moment, mener des vies quintuples, plumer leur amant tout en se targuant d’être la meilleure amie de l’épouse, et la liste est aussi longue qu’un jour sans pain. Le comble, c’est que tout cela se passe et se vit en toute impunité ! De la mégère bon marché à la pseudo bourgeoise qui se la joue classe, tout ce monde-là fait partie d’un paysage libanais en état de décomposition avancée, à savoir de ce tas d’ordures nauséabondes qui s’accumulent jusqu’à l’asphyxie. De quoi tirer un trait définitif sur le genre humain local. Il n’est absolument pas permis, pour aucune raison, de détruire publiquement la vie des autres. Le linge sale se lave en toute discrétion. C’est d’ailleurs dans la manière de gérer des situations délicates que l’on peut faire le tri entre la vraie noblesse et les derniers des hommes et des femmes. Les scénarios « almodovariens » ne sont pas à la portée de tout le monde. Il faut du talent, de l’intelligence de cœur, de la générosité, et beaucoup de finesse pour endosser ce genre de rôles. Au final, ces personnes ne sont qu’une pâle et vulgaire caricature d’un vaudeville qui a mal tourné et qui n’entache, au final, que l’image des « calomniateurs » par un formidable effet boomerang. Parce que le karma, lui, ne perd jamais une adresse…

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