Le parquet militaire a requis hier des poursuites contre Suzanne el-Hajj, ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des Forces de sécurité intérieure, et le pirate informatique Élie Ghabache, ainsi qu’un troisième individu dont l’identité n’a pas été révélée, pour fabrication de fausses preuves de collaboration de l’acteur Ziad Itani avec Israël. La requête s’est effectuée après une réunion qui a regroupé le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Peter Germanos, son assistant le juge Hani Hajjar, et le procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, au bureau de ce dernier.
Les prévenus sont en outre accusés par le parquet d’avoir dénoncé M. Itani auprès de la direction générale de la Sécurité de l’État au moyen de documents falsifiés selon lesquels l’acteur aurait commis des actes criminels, alors qu’ils savaient son innocence. Mme el-Hajj, M. Ghabache et la troisième personne sont également suspectés d’avoir incité à la fabrication de fausses preuves matérielles et électroniques d’une soi-disant collaboration avec Israël d’un journaliste (qui serait Radwan Mortada, du quotidien al-Akhbar), en vue de présenter à la justice une dénonciation contre lui. Ils sont enfin accusés de cyberattaques et piratage visant des sites de services de sécurité, de banques, de sites d’information libanais, ainsi que d’autres sites au Liban et à l’étranger.
Le dossier devrait être transféré dès le début de la semaine prochaine devant le premier juge d’instruction, Riad Abou Ghida, qui examinera probablement la demande de mise en liberté de M. Itani présentée par ses avocats, Saliba el-Hajj et Rami Itani. Ces derniers ont, par ailleurs, appelé à ne pas publier, sans qu’ils ne soient avertis, de communiqués relatifs à leur client qui ne seraient pas fondés sur des bases juridiques et réelles, notamment des informations sur les enquêtes et les procédures judiciaires.
Plus tôt dans la journée, l’avocat de Suzanne el-Hajj, Marwan Daher, avait affirmé, dans une déclaration, que sa cliente ne fait pas l’objet d’un mandat d’arrêt, indiquant qu’il avait déposé auprès du commissaire du gouvernement, Peter Germanos, une demande de remise en liberté en sa faveur, au motif que la durée de sa garde à vue avait dépassé le délai de 96 heures prévu par la loi. Jeudi, M. Germanos avait transmis à son assistant, Hani Hajjar, les documents relatifs à l’enquête qu’il avait en sa possession, le chargeant de les étudier en vue de prendre les mesures adéquates.
L’ancienne directrice au sein des FSI est soupçonnée d’avoir utilisé les services du pirate informatique Élie Ghabache pour fabriquer des conversations de Ziad Itani avec une femme officier israélienne. Le pirate serait passé aux aveux et aurait avoué avoir agi à la demande de Mme Hajj, admettant les accusations portées contre lui.
Suzanne el-Hajj avait perdu son poste à la suite du retweet d’un message ironique sur les femmes en Arabie saoudite. Un certain Ziad Itani avait diffusé la capture d’écran de son retweet et, selon les informations qui ont fuité durant le week-end dernier, la fonctionnaire aurait monté l’affaire pour se venger, mais se serait trompée de victime en raison de l’homonymie.


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