De gauche à droite: Pernille Dahler Kardel, Michael Beary, Jean-Pierre Lacroix et le président du Parlement Nabih Berry. Photo ANI
Le président de la République, Michel Aoun, a fait savoir hier au secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations du maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, de passage à Beyrouth, que le Liban se tient prêt à se défendre en cas d’agression israélienne, jugeant par ailleurs qu’une baisse du budget de la Force internationale des Nations unies pour le Liban (Finul) aurait un impact négatif sur son rôle.
« Si le Liban est attaché au maintien de la paix et à la stabilité au sud du pays, il n’en reste pas moins qu’il est disposé à se défendre au cas où Israël viendrait à l’attaquer », a affirmé le président Aoun à M. Lacroix, lors de la visite du responsable onusien au palais de Baabda. Le chef de l’État a mis en garde contre « les violations par Israël de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ainsi que celles de l’espace aérien libanais utilisé pour bombarder le territoire syrien ».
Par ailleurs, et tout en rendant hommage aux « efforts déployés par la Finul au Liban-Sud », le président de la République a estimé qu’« une baisse de son budget aurait des répercussions négatives sur l’efficacité de son rôle ».
Pas de risque d’escalade
Concernant la teneur des entretiens de M. Lacroix à Beyrouth, notre déléguée au palais de Baabda, Hoda Chédid, a rapporté hier soir que le responsable onusien a informé ses interlocuteurs libanais que le litige qui oppose le Liban à Israël au sujet de la construction par l’État hébreu d’un mur à la frontière avec le Liban ne risque pas de provoquer une escalade sur le terrain du fait qu’il est apparu que le mur en question est construit en territoire israélien, et rien n’indique que Tel-Aviv a l’intention d’empiéter sur le sol libanais. Le responsable onusien a également informé ses interlocuteurs libanais que le litige libano-israélien portant sur les 13 points le long de la ligne bleue peut être réglé sans accrocs, à l’exception du point de Ras Naqoura.
En tout état de cause, en marge de ses entrevues locales, M. Lacroix a évoqué les impressions qu’il a eues lors de sa tournée samedi à la frontière sud, saluant « l’action de la Finul pour le maintien de la stabilité, notamment à travers des mesures préventives qu’elle adopte », et insistant sur la nécessité de poursuivre les réunions de la commission tripartite (Liban-Finul-Israël). À sa sortie de Baabda, M. Lacroix a indiqué que « la Finul est au service de la paix au Liban », assurant qu’« elle poursuit sa mission avec la collaboration des autorités libanaises qui la soutiennent ».
Chez Berry et Hariri
Notons que lors de sa visite, le responsable onusien était accompagné de la coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Pernille Dahler Kardel, et du commandant de la Finul, Michael Beary. Il s’est ensuite rendu avec eux à la Maison du centre, où il s’est entretenu avec le chef du gouvernement, Saad Hariri. L’axe de discussions a également porté sur la coopération entre l’armée et la Finul pour l’instauration de la paix. « J’ai remercié le Premier ministre pour les très bonnes relations que nous entretenons avec le gouvernement libanais dans l’accomplissement de nos fonctions », a déclaré M. Lacroix à l’issue de la réunion, saluant « le renforcement de la présence de l’armée au Liban-Sud ». « La Finul est très présente dans cette zone d’opération et joue un rôle très important pour empêcher que tout incident, même petit, ne connaisse une escalade », a-t-il ajouté. Réitérant « l’importance du mécanisme tripartite », le responsable onusien a affirmé que les trois parties (Liban-Finul-Israël) « se penchent aujourd’hui sur la question sensible de la construction du mur (par Israël, sur la ligne bleue) », précisant que « la Finul est en train de faciliter les discussions afin que cette question ne contribue pas à accroître les tensions ».
C’était ensuite au tour du président du Parlement, Nabih Berry, de recevoir la délégation. Au terme de la réunion, M. Lacroix a affirmé qu’il a mis à nouveau l’accent devant son hôte sur « le rôle que joue la Finul dans le dialogue du Liban avec la partie israélienne autour de la question du mur ».
Les responsables onusiens ont clôturé leur tournée en se rendant auprès du commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, et du directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avec lesquels ils ont discuté de la situation à la frontière sud.
Le général Ibrahim a par ailleurs accueilli à son bureau Peter Drennan, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires politiques et de sûreté, avec lequel il a évoqué les menaces qui pèsent sur le pays, notamment celles liées à la sécurité des personnes et aux installations rattachées à l’ONU. M. Drennan s’est également rendu auprès du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Imad Osman, au siège des FSI, pour le remercier de la contribution qu’apporte l’institution sécuritaire aux activités des organisations onusiennes au Liban.
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« Si le Liban est attaché au maintien de la paix et à la stabilité au sud du pays, il n’en reste pas moins qu’il est disposé à se défendre au cas où Israël viendrait à l’attaquer », a affirmé le président Aoun à M. Lacroix, lors de la visite du responsable onusien au palais de Baabda. Le chef de l’État a mis en garde contre « les violations par Israël de la...


Nous connaissons 1) les moulins à prières 2) les moulins à paroles de nos responsables... maintenant, nous découvrons aussi les moulins à compliments inoxydables...donc inusables ! Irène Saïd
14 h 57, le 27 février 2018