Un article du site « Al Kalima Online » publié mercredi « révèle » que le président du tribunal militaire, le général Hussein Abdallah, serait désormais persona non grata aux États-Unis. Dans cet article, où il est précisé que le général Abdallah a été contacté personnellement, il est indiqué que la raison d’une telle mesure prise à l’encontre du juge serait le jugement prononcé par contumace par le tribunal militaire, en janvier dernier, contre la journaliste libanaise Hanine Ghaddar, actuellement chercheuse à Washington, lui infligeant une peine de six mois de prison. La journaliste est poursuivie pour des propos tenus lors de sa participation à un colloque organisé par le Washington Institute dans la capitale américaine en 2014, des propos considérés par le procureur comme une « atteinte à l’armée ».
Interrogée par L’Orient-Le Jour, une source proche du président du tribunal militaire dément cette information. Selon cette source, aucune mesure d’interdiction d’entrée sur le territoire américain n’a été prise à l’encontre du général Abdallah. Voici sa version des faits : le juge était effectivement invité à participer à un colloque du centre NESA (Near East South Asia), un bureau d’études stratégiques aux États-Unis. Or c’est le directeur du NESA lui-même qui contacte le général Abdallah à la veille de son voyage, pour lui indiquer qu’un article écrit par Hanine Ghaddar quelques jours plus tôt dans le Washington Post, portant sur sa condamnation à Beyrouth, avait fait grand bruit. Le directeur craignait que la présence du juge libanais ne suscite une exposition médiatique à laquelle le centre est très peu préparé, ce qui a poussé ce dernier à annuler son voyage de son propre chef.
Concernant le jugement émis à l’encontre de Mme Ghaddar, cette source précise que le recours présenté à temps par son avocat Marwan Sakr a rendu le jugement non exécutoire, sachant qu’une nouvelle séance a été fixée pour le 27 juillet. Ces faits ont été confirmés à L’OLJ par Me Sakr. Toujours selon la même source, ce jugement par contumace est une simple procédure exercée inévitablement dans tous les cas de non-comparution d’un prévenu et ne visait pas particulièrement Mme Ghaddar, alors que si celle-ci comparaît devant le juge, elle peut facilement être soit innocentée, soit condamnée à une peine beaucoup plus légère, de l’ordre d’une simple amende.
L’affaire de la condamnation de Hanine Ghaddar a fait grand bruit au Liban et a suscité de nombreuses réactions hostiles à ce jugement, considéré comme une atteinte à la liberté d’expression. Hanine Ghaddar est chercheuse au Washington Institute for Middle Eastern Studies depuis l’automne 2016. En tant que journaliste au Liban puis en tant que chercheuse, elle avait souvent exposé les intérêts de l’axe iranien, s’attirant les foudres de ses sympathisants.
Liban - Justice
Le président du tribunal militaire a-t-il été interdit d’entrée aux États-Unis ?
OLJ / le 23 février 2018 à 00h00


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