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Liban

16e Biennale de Venise : l’architecture libanaise monte au front

Événement

Pour la première fois, le Liban aura son pavillon national à la Biennale d’architecture de Venise. Le projet « The place that remains », porté par l’architecte Hala Younès, a été adopté par le ministère de la Culture.

May MAKAREM | OLJ
21/02/2018

Le ministre de la Culture Ghattas Khoury, le président de l’ordre des ingénieurs et architectes, Jad Tabet, l’ambassadeur d’Italie Massimo Marotti et l’architecte-commissaire Hala Younès ont tenu une conférence de presse, hier, au siège de l’ordre, pour annoncer que le Liban sera représenté lors de la 16e Biennale d’architecture de Venise. Créée en 1980, celle-ci a lieu tous les deux ans en alternance avec la Biennale d’art contemporain. Si des architectes libanais avaient exposé à titre individuel, au cours des années précédentes, c’est la première fois que le Liban officiel participe à cette rencontre internationale. Le pavillon national sera niché à l’Arsenal, un des principaux lieux d’exposition.

Intitulée « Freespace » (Espace libre ou Espace résiduel), la Biennale se déroulera du 26 mai au 25 novembre 2018. Hala Younès, enseignante en architecture et paysage à la LAU (Lebanese American University) et commissaire du pavillon, a développé le projet qu’elle a baptisé « The place that remains ». « Notre intention est de mettre en évidence le rôle octroyé aux espaces non bâtis et au paysage, dont la conservation et la mise en valeur constituent un enjeu majeur pour la qualité de vie », explique-t-elle. Le projet, qui se fond sur le profil territorial du bassin versant (l’espace drainé par un cours d’eau et ses affluents) du fleuve de Beyrouth, allant du mont Kneissé à Bourj Hammoud, permet de dresser un état des lieux, puis de hiérarchiser des actions, sur la base d’enjeux et d’objectifs à atteindre. « L’exposition contribue à enrichir la réflexion autour de ces espaces non occupés, et des potentiels que ceux-ci offrent pour envisager l’avenir du territoire national et de son paysage (… ) Car notre patrimoine n’est pas seulement architectural, mais aussi géographique et naturel », a ajouté Mme Younès, devant un parterre de représentants d’universités et d’institutions participant au projet, ainsi que du ministre de la Défense Yaacoub Sarraf, du député Ghassan Moukheiber et du directeur des affaires géographiques de l’armée libanaise Moustapha Mouslimani.


(Lire aussi : Jean Nouvel : Je veux être passeur, un de ceux qui arrivent à pétrifier le rêve...)


Maquette géante et clichés
Le socle du projet est une maquette topographique de sept mètres par deux mètres représentant le bassin versant du fleuve de Beyrouth. Un modèle géant en 3D produit par le département de géographie de l’Université Saint-Joseph et la Direction des affaires géographiques de l’armée libanaise. Le pavillon présentera également des paysages immortalisés par six artistes photographes : Gregory Buchakjian, Catherine Cattaruzza, Gilbert Hage, Houda Kassatly, Ieva Saudargaite et Talal Khoury (vidéo). Ils ont été sélectionnés par la commissaire Hala Younès et les professeurs de l’Université Notre Dame (NDU), de l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) et de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK). Des clichés historiques issus de diverses collections, notamment celles de l’Apsad, de Fouad Debbas, de la photothèque de la Bibliothèque orientale (USJ), de la collection Heinz Gaube (NDU) et des images aériennes appartenant à l’armée libanaise, seront également exposés.

Hala Younès a également signalé que le projet mobilise un nombre d’architectes, de chercheurs ainsi que des institutions libanaises, notamment le département d’urbanisme de l’Université libanaise, l’École d’architecture et de design de la LAU, l’Arab Center for Architecture (ACA) et la Lebanese Landscape Association (LELA).

L’ambassadeur d’Italie a relevé, pour sa part, le double impact de la participation du Liban à la Biennale : elle stimulera le débat académique sur l’urbanisme et élargira au niveau international la contribution des architectes sur le thème principal de l’espace public. « Le thème de l’édition 2018, Freespace ou l’art d’améliorer la qualité de l’espace non occupé par des constructions, est un vrai défi à relever pour la civilisation urbaine contemporaine, et ce partout dans le monde. »

Quant au président de l’ordre des ingénieurs et architectes Jad Tabet, il a signalé en substance que le pays continue à fonctionner selon un système de gestion qui ne respecte pas les normes urbanistiques et du management paysager. Aussi, pour remédier aux différents échecs de cette politique régressive et aboutir à de meilleures solutions, faut-il des mesures concrètes pour lutter contre les abus.

Clôturant la conférence, le ministre Ghattas Khoury a réitéré son engagement à appliquer la loi pour la sauvegarde du patrimoine, soulignant le rôle indéniable que l’ordre peut apporter dans ce domaine, en identifiant les sites et bâtiments à préserver.

Signalons enfin que ce sont les Irlandaises Yvonne Farrell et Shelley McNamara qui sont les commissaires générales de la 16e édition de cette Biennale d’architecture. Leur agence Grafton Architects, fondée à Dublin en 1977, a obtenu un lion d’argent, en 2012, lors de la Biennale d’architecture de Venise orchestrée par le célèbre anglais germanophile, David Chipperfield. L’agence s’est aussi illustrée, en décembre 2017, en remportant le RIBA International Prize pour le bâtiment abritant l’université d’ingénierie et de technologie de Lima, que le Guardian présentait comme « le meilleur nouveau bâtiment du monde ! ».



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