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Moyen-Orient - guerre au moyen-orient

En Iran, le deuil sans fin des parents des élèves tués au premier jour de la guerre

Aux premières heures de la guerre en Iran, des frappes imputées à l'armée américaines s'abattent sur une école dans le sud du pays, tuant 155 personnes, dont 120 enfants. Six mois plus tard, des familles racontent.

Le 3 mars, à Minab, en Iran, les tombes creusées pour les victimes d'un bombardement le 28 février sur une école de filles, qui a fait plus de 150 morts selon les autorités iraniennes. AFP PHOTO / IRANIAN PRESS CENTER

Massoumeh Zakeri revit sans cesse sa dernière nuit avec sa fille de neuf ans, tuée dans le bombardement d'une école à Minab, dans le sud de l'Iran, aux premières heures des frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.

Ce soir-là, sa fille, Motahareh, parlait avec enthousiasme des prochaines vacances, de mariages prévus, de vêtements. Peu avant l'aube, en ce jeûne musulman du ramadan, elle a mangé, puis Massoumeh Zakeri l'a mise au lit. « Je ne l'ai jamais revue », raconte à l'AFP sa mère, âgée de 44 ans.

Le matin, Motahareh se réveille avant ses parents et prend le bus pour l'école Shajareh Tayebeh. Quelques heures plus tard, les attaques contre l'Iran débutent, et Massoumeh Zakeri reçoit un appel lui demandant de venir chercher sa fille. Elle n'arrivera pas à temps, l'école est bombardée. Motahareh est l'une des 155 personnes tuées - dont 120 enfants - dans cette frappe, la plus meurtrière de la guerre selon les autorités iraniennes.

Six mois plus tard, une équipe de l'AFP a obtenu un rare accès au site de l'école, entouré des portraits des jeunes victimes. L'établissement reste en grande partie en ruines, ses murs sont effondrés et ses salles jonchées de débris. Des drapeaux iraniens flottent au-dessus des décombres et des prières et chants patriotiques sont diffusés par haut-parleurs. Des visiteurs défilent sur le site, que les autorités veulent préserver comme lieu de mémoire. Des recherches se poursuivent encore pour retrouver les corps de trois enfants portés disparus.

« Je me suis effondré »

Massoumeh Zakeri confie ne pas avoir voulu voir la dépouille de sa fille - retrouvée plus tard dans la journée et identifiée seulement « par ses bracelets et boucles d'oreille » - de peur d'effacer le dernier souvenir heureux qu'elle garde d'elle. « Elle était très affectueuse, joyeuse et vraiment pleine d'énergie. »

L'Iran affirme que l'école a été touchée par deux missiles américains. Ni les Etats-Unis ni Israël n'ont revendiqué l'attaque, mais des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, l'ont imputée à Washington. Le New York Times, qui s'appuie sur des responsables américains et des sources proches de l'enquête, a mis en cause une erreur de ciblage de l'armée américaine.

Yaghoub Yazdanpanah, 34 ans, s'apprêtait lui à aller chercher sa fille de six ans, Fatemeh, après des appels affolés de ses proches, alors que de violents bombardements avaient déjà touché Téhéran, tuant le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei et de hauts responsables. Puis nouvel appel : l'école vient d'être frappée. « Je n'arrivais pas à y croire », se remémore M. Yazdanpanah, professeur de littérature persane. Il quitte précipitamment son travail pour l'école, au-dessus de laquelle s'élèvent des flammes et d'épais nuages de fumée. Sur place, la scène est glaçante : il voit des hommes ramasser des morceaux de chair humaine. Le corps d'une fillette git sous une dalle de béton. « Je me suis effondré », raconte-t-il. Le corps de sa fille sera retrouvé plusieurs heures plus tard.

Des familles désormais incapables de penser à l'avenir

Le peintre Javad Shahrjou cherche lui dans les décombres son fils de sept ans, Alireza. Il sera retrouvé trois jours plus tard. « Il était entièrement carbonisé », dit M. Shahrjou, qui dit se rendre « tous les jours », sur la tombe de son fils, surmontée d'une photo de l'enfant.

D'autres parents endeuillés se recueillent au cimetière, non loin de l'école, où une section spéciale a été aménagée pour les victimes de la frappe. Un garçon en noir, accompagné d'un adulte, nettoie la dalle funéraire d'un autre jeune élève. Massoumeh Zakeri se rend elle aussi régulièrement sur la tombe de sa fille. Submergée par un chagrin qui, dit-elle, l'empêche de penser à l'avenir. « Nous n'avons absolument aucun projet », confie-t-elle.

Arash Tondro, un homme de 45 ans qui a perdu un proche âgé de huit ans lors de l'attaque, dit avoir encore du mal à comprendre pourquoi cet établissement a été ciblé. « L'endroit où se trouvait l'école était une base militaire il y a environ 10 ou 12 ans », déclare-t-il dans le cimetière. Aujourd'hui, précise-t-il, « il n'y a absolument plus aucun site militaire ».

Massoumeh Zakeri revit sans cesse sa dernière nuit avec sa fille de neuf ans, tuée dans le bombardement d'une école à Minab, dans le sud de l'Iran, aux premières heures des frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.Ce soir-là, sa fille, Motahareh, parlait avec enthousiasme des prochaines vacances, de mariages prévus, de vêtements. Peu avant l'aube, en ce jeûne musulman du ramadan, elle a mangé, puis Massoumeh Zakeri l'a mise au lit. « Je ne l'ai jamais revue », raconte à l'AFP sa mère, âgée de 44 ans.Le matin, Motahareh se réveille avant ses parents et prend le bus pour l'école Shajareh Tayebeh. Quelques heures plus tard, les attaques contre l'Iran débutent, et Massoumeh Zakeri reçoit un appel lui demandant de venir chercher sa fille. Elle...
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