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Liban - Déchets

Déchets : Quand Live Love Lebanon donne l’exemple...

Trois cents volontaires rassemblés par l’association ont retiré hier un camion d’ordures de la côte à Zouk, où la pollution revient en continu.

Ils étaient trois cents hier sur la plage de Zouk.

Plus de trois cents volontaires ont été rassemblés hier par l’association Live Love Lebanon pour nettoyer la plage par laquelle le scandale est arrivé en début de semaine dernière, à Zouk Mosbeh. Une initiative « positive », comme l’assure le président de Live Love Lebanon, Eddy Bitar, à L’OLJ, « dont l’objectif est tout autant de nettoyer le site que de sensibiliser le public à la responsabilité de tout un chacun dans la résolution de cette crise ».

Cette plage avait été, rappelons-le, inondée de détritus à la suite d’une tempête qui avait drainé les ordures de là où elles étaient stockées, lundi dernier. L’affaire a donné lieu à une polémique très politique entre Samy Gemayel, chef du parti Kataëb, et le ministre de l’Environnement, Tarek el-Khatib : le premier soutient que les digues supposées protéger la décharge côtière (gouvernementale) de Bourj Hammoud n’ont pas tenu, étant d’ailleurs incomplètes, ce qui aurait provoqué un déversement de déchets dans la mer. Le ministre de l’Environnement, se basant sur un communiqué du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), a soutenu que ces déchets provenaient de décharges sauvages répandues sur les rives du fleuve Nahr el-Kalb (à l’embouchure duquel se trouve la plage en question). Quoi qu’il en soit, les images de cette plage de détritus ont fait le tour du monde entier et des réseaux sociaux, avant que les tracteurs du Haut Comité de secours ne les nettoient sans discernement, soulevant plus de sable de mer (denrée rare et irremplaçable) que de détritus… 

C’est donc cette même plage que les volontaires de Live Love Lebanon ont nettoyée hier, loin de toutes les polémiques politiques. Ils étaient trois cents, venus de toutes les régions libanaises sans exception, parmi eux beaucoup de jeunes mais aussi des employés, des cadres d’entreprises… « Nous avons rempli un grand camion des déchets que nous avons collectés entre 8 et 17 heures », souligne Eddy Bitar.

Pourquoi cette même plage ? « Il faut savoir que ce problème n’est pas nouveau, cette seule plage a été nettoyée par nous et par d’autres parties non moins de 17 fois ces deux dernières années, explique le militant. Les rivières et la mer charrient régulièrement des déchets, et nos plages n’ont jamais été vraiment propres, mais le problème s’accentue nettement ces dernières années. D’ailleurs hier, nous sommes arrivés juste après le départ de l’entreprise qui effectuait le nettoyage pour le compte de l’État et les déchets se déversaient à nouveau sur la plage après leur passage, ce que nous avons filmé. »

« Agir au lieu de se plaindre »
Eddy Bitar précise que les témoins pouvaient nettement constater que les déchets arrivaient continuellement par la mer, en déduisant que la provenance serait les décharges étatiques (notamment celle de Bourj Hammoud, au nord de Beyrouth), tout comme elle pourrait être aussi de la vallée de Nahr el-Kalb, une hypothèse n’excluant pas l’autre, pour un résultat tout aussi désastreux. 

Il existe aussi une différence notoire entre le nettoyage des volontaires de Live Love Lebanon et celui effectué par l’État : dans le second cas, les déchets se sont retrouvés dans les décharges publiques (de là où ils pourraient être originaires) alors que ceux récoltés par les volontaires ont été triés, les plastiques envoyés à l’usine de tri de Bickfaya, les pneus à l’usine de Joun, et le reste à l’entreprise Cedar Environmental, pour traitement approprié. 

La leçon que tire Eddy Bitar du nettoyage des plages sans cesse polluées est le manque de vision globale pour une solution effective et durable. « À notre départ, les jeunes étaient frustrés de n’avoir pas pu accomplir plus que cela, dit-il. Je leur ai assuré que l’effort d’avoir soutiré de la plage une grande camionnée de déchets est louable et que l’objectif à plus long terme est de sensibiliser tous les acteurs de la société à la nécessité du changement. » 

Ce changement, il est évident de par le seul spectacle de ces ordures sur la côte, et pas que sur cette plage. « Il est crucial de commencer non seulement à trier nos déchets et à les recycler, mais à réduire notre consommation de plastique et autres matières polluantes, poursuit-il. Et cela est la responsabilité de tous les acteurs, des individus aux familles, aux entreprises et aux autorités officielles évidemment. Mais nous ne pouvons continuer à nous plaindre sans agir. Nous sommes prêts à tendre la main au gouvernement et à tous ceux qui peuvent agir pour mettre en place une politique globale de traitement des déchets qui repose en premier lieu sur un changement des habitudes pour la réduction de l’utilisation des matières nocives – l’aspect le plus important selon moi – ainsi que le recyclage et le traitement. » 

"Nous tenons aussi à préciser que les actions de Live Love Beirut ne pourront pas être concrétisées sans l'appui continu du PNUD à travers le programme "Live Lebanon" et de l'ambassadeur de bonne volonté M Ghaleb Farha".

Malgré la tragédie en cours dont ils ont été les témoins, les volontaires qui ont répondu à l’appel de Live Love Lebanon ont œuvré durant plusieurs heures dans une atmosphère bon enfant et sans perdre de vue l’objectif de l’action pour une solution durable à l’un des principaux problèmes de la vie quotidienne au Liban.


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commentaires (7)

Bravo aux membres de Live Love Lebanon, citoyens responsables et impliqués! Chaque personne peut apporter sa petite contribution à la sauvegarde de l'environnement par de simples gestes: Avoir avec soi des sacs d'épicerie réutilisables lorsqu'on fait les courses, acheter de l'eau dans de grands contenants en plastique au lieu des petits, ne plus acheter des produits sur-emballés, sensibiliser les jeunes aux questions environnementales, éteindre les lumières et fermer les robinets quand on n'en a pas besoin, etc.

N. Noon

18 h 44, le 29 janvier 2018

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Commentaires (7)

  • Bravo aux membres de Live Love Lebanon, citoyens responsables et impliqués! Chaque personne peut apporter sa petite contribution à la sauvegarde de l'environnement par de simples gestes: Avoir avec soi des sacs d'épicerie réutilisables lorsqu'on fait les courses, acheter de l'eau dans de grands contenants en plastique au lieu des petits, ne plus acheter des produits sur-emballés, sensibiliser les jeunes aux questions environnementales, éteindre les lumières et fermer les robinets quand on n'en a pas besoin, etc.

    N. Noon

    18 h 44, le 29 janvier 2018

  • Une grande admiration Respects

    Sarkis Serge Tateossian

    15 h 47, le 29 janvier 2018

  • "...alors que ceux récoltés par des volontaires ont été triés: 1) les plastiques envoyés à l'usine de tri de Bickfaya 2) les pneus à l'usine de Joun 3) le reste à l'Entreprise Cedar Environmental pour traîtement approprié si nos 300 jeunes volontaires et leur Président Eddy Bitar qu'il faut féliciter et remercier chaleureusement ont été capables de faire le nécessaire pour enlever et ensuite traiter ces déchets de façon convenable...pourquoi nos magnifiques RESPONSABLES en sont-ils incapables...depuis 2015 ? Irène Saïd

    Irene Said

    12 h 26, le 29 janvier 2018

  • Bravo et merci. Mais c'est a eux ceux qui gouvernent de mettre la main a la pate et d'aller nettoyer ces detritus dont il n'ont rien à foutre......

    Tabet Karim

    09 h 03, le 29 janvier 2018

  • IL AURAIT FALLU QUE CE SOIT LES INCAPABLES ET RESPONSABLES/IRRESPONSABLES QUI NETTOIENT LES LIEUX SALIS PAR LEUR M...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    08 h 56, le 29 janvier 2018

  • Bravo!

    Marionet

    08 h 49, le 29 janvier 2018

  • Merci

    Khalil S.

    07 h 46, le 29 janvier 2018

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