Hicham Haddad lors de son émission « Lahon w Bass ». Photo tirée de sa page Facebook
La procureure générale d’appel au Mont-Liban, Ghada Aoun, a porté hier devant le tribunal des imprimés le dossier de l’humoriste Hicham Haddad, contre qui le chef du parquet, Samir Hammoud, avait engagé des poursuites en raison d’une tirade de l’humoriste contre le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane (MBS), lors de son émission Lahon w Bass diffusée tous les mardis sur la LBCI.
Lors de l’émission incriminée, début janvier, M. Haddad tournait en dérision les prévisions pour 2018 du voyant Michel Hayek, lui faisant dire qu’il conseillait au prince de « manger moins de fast-food », avant de commenter : « Avec tout ce qui se passe dans la région, il lui conseille de manger moins de hamburgers ? Je lui conseille plutôt de mettre un terme aux campagnes, aux arrestations, aux frappes militaires... »
« Cette séquence avait pour objectif de tourner en dérision les prévisions de Michel Hayek (diffusées par la MTV la veille du Nouvel An)... » a écrit M. Haddad sur son compte Twitter, promettant de commenter plus longuement ces poursuites lors de sa prochaine émission.
Réagissant à cette affaire, l’ancien ministre Wi’am Wahhab a écrit sur Twitter : « Je conseille au procureur général de ne pas s’aventurer en engageant des poursuites contre Hicham Haddad s’il ne peut pas faire de même à l’encontre de ceux qui insultent la Syrie et les autres pays frères. » Sur Twitter aussi, les réactions condamnant les poursuites contre M. Haddad n’ont pas tardé à fuser.
Hicham Haddad avait été radié en août 2016 du Courant patriotique libre. Cette mesure était motivée par des commentaires écrits sur sa page personnelle Facebook, et en raison d’une émission de son programme durant laquelle l’humoriste avait tourné en dérision Gebran Bassil, qu’il avait affublé du sobriquet de « Joujou ».
Ces dernières semaines, plusieurs affaires, dont les poursuites judiciaires contre le journaliste vedette de la chaîne LBCI Marcel Ghanem, ont défrayé la chronique, faisant craindre aux yeux de nombre de Libanais un contrôle abusif par le pouvoir exécutif des libertés publiques. Au cours de son émission Kalam el-Nass, M. Ghanem avait fait intervenir deux journalistes saoudiens, Ibrahim el-Merhi et Adwan el-Ahmari, qui s’étaient livrés en direct à une critique virulente des plus hautes autorités libanaises. Au lendemain de cet épisode télévisé, le ministre de la Justice, Salim Jreissati, avait saisi le parquet, lui demandant d’enquêter sur ce qui s’était passé durant l’émission.


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