L’archevêque de Beyrouth, Boulos Matar, recevant la communauté enseignante de l’Université La Sagesse. Photo ANI
« Que cela plaise ou non, le Liban est le cerveau de l’Orient, confronté qu’il est au vivre-ensemble et au défi intellectuel qu’il lance, que ce soit aux chrétiens ou aux musulmans », a affirmé hier l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, qui recevait la communauté enseignante de l’Université La Sagesse conduite par le président de l’université, le P. Khalil Chalfoun.
« Le Liban est un espace de rencontre et de défi permanent, a développé l’archevêque de Beyrouth. Dans d’autres pays, il peut être défendu à la pensée d’approfondir les choses. Le monde arabe n’est pas passé par ce qu’on appelle les Lumières. Il continue de vivre dans une période antérieure aux Lumières. En revanche, nous sommes passés par le siècle des Lumières et nous en avons tiré profit. Il est possible que nous nous soyons heurtés à des obstacles, mais nous avons le sentiment que nous assumons la responsabilité d’être une avant-garde intellectuelle, non seulement pour le Liban, mais pour toute la région. Comme je souhaite que nous franchissions, par la pensée, les frontières du Liban, comme l’a fait Gebran (…) Nous avons un rôle à jouer, celui d’apprendre à nos étudiants non seulement à faire de la recherche et à rédiger des notes, mais aussi à réfléchir. »
L’archevêque de Beyrouth a rappelé à ses hôtes que l’Université La Sagesse a vu le jour en 1875, à l’époque de Mgr Youssef el-Debs, avec la création de l’Institut supérieur pour l’étude du droit. « L’université, aux yeux de cet homme qui était un visionnaire, a été créée pour tout l’Orient. Sa fonction était d’y introduire la modernité, une pensée nouvelle et non traditionnelle. Naguère, on estimait que la tâche du philosophe était d’expliquer Aristote, qui était considéré comme le sommet de la pensée. Mais à l’Université La Sagesse, il y a de l’ancien et du nouveau. L’université naît et renaît de la matrice de la pensée et des faits. Saint Paul, patron de notre université, parle de l’homme intérieur en nous qui se renouvelle (…) Il est bon que l’université conserve ce qu’il y a de meilleur dans l’ancien, et qu’en même temps elle s’ouvre à la nouveauté. »
Et Mgr Matar d’annoncer que l’université compte encourager la recherche, estimant qu’il convient de combattre le recul de la lecture et de l’écriture.


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16 h 07, le 23 janvier 2018