Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a pris part hier à la polémique créée autour du film The Post de Steven Spielberg, qui avait été interdit par le bureau de censure de la Sûreté générale, il y a une semaine, mais avait été ensuite autorisé par le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk.
La SG avait justifié sa recommandation en affirmant que le réalisateur est sur une liste noire dressée par la Ligue arabe qui appelle au boycott de toute personne ayant un lien avec Israël. Passant outre à cet avis, M. Machnouk a estimé que les événements relatés dans le film n’ont aucun rapport avec le conflit avec Israël.
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’est invité vendredi dans la controverse, stigmatisant « ceux qui, au nom de l’art, normalisent les relations avec Israël », alors que, a-t-il affirmé, « la non-normalisation des relations avec Israël figure parmi les décisions de la Ligue arabe ».
L’intervention du chef du parti chiite a ainsi suscité une réaction de Samir Geagea, qui a appelé hier à écarter l’art et la culture de la politique. Dénonçant « la politique arbitraire adoptée par les protestataires » (en allusion au Hezbollah), il les a accusés « de se conformer aux décisions de la Ligue arabe lorsque ces décisions satisfont leurs intérêts et correspondent à leurs objectifs, et de les juger comme traîtresses lorsqu’elles ne coïncident pas avec leur projet politique ».
« Si le prétexte invoqué par le Hezbollah et quiconque partage son avis est que Steven Spielberg a fait une donation d’un million de dollars à Israël, qu’ils boycottent donc les États-Unis qui ont donné 3 milliards de dollars à Israël, qu’ils boycottent aussi la Russie qui ne refuse aucune demande à cet État et coordonne avec lui, et boycottent de même les pays européens, notamment la France, qui coopèrent au double plan social et économique avec Tel-Aviv », a tonné le chef des FL, soulignant que « le recours à ce subterfuge devrait alors nous imposer de boycotter le monde entier à l’exception de l’Iran, du Venezuela et de la Corée du Nord ».
À l’opposé, M. Geagea a salué le ministre Nouhad Machnouk pour « sa capacité à outrepasser les pressions auxquelles il a été exposé pour interdire la projection du film », faisant valoir qu’« il ne faut pas céder à ceux qui tentent de déformer l’image du Liban, alors qu’elle est rayonnante et constitue un exemple unique dans la région ».
Le chef des FL a par ailleurs noté que « ceux qui ont provoqué ce tollé ne vivent qu’en poursuivant l’escalade, alors qu’ils manquent de manière flagrante à leur devoir d’œuvrer dans l’intérêt des citoyens et de leur fournir des prestations ».
Enfin, M. Geagea a estimé que l’opposition à la projection de The Post s’inscrit dans le cadre de l’atteinte aux libertés d’opinion et d’expression qui s’est manifestée dernièrement par la volonté de dompter des voix libres, et par l’engagement de poursuites à l’encontre de journalistes.


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JE CORRIGE : POURQUOI, OU VOYEZ-VOUS L,ART ET LA CULTURE DE L,AUTRE COTE ? YIA HAKIM, CHOU HAL MAZHA ?
11 h 35, le 24 janvier 2018