Dernières Infos

Paris appelle Ankara à cesser son offensive contre les Kurdes syriens

AFP
21/01/2018

 La ministre française des Armées Florence Parly a appelé dimanche la Turquie à cesser ses opérations contre les Kurdes syriens, estimant que cela ne pouvait que nuire à la lutte contre le groupe État islamique (EI).

"Il faut que nous revenions à l'essentiel, c'est la lutte contre le terrorisme et tous ces combats, notamment ceux qui ont lieu en ce moment de façon terrible en Syrie dans la poche d'Idlib ou ailleurs, doivent être arrêtés", a-t-elle dit sur la chaîne de télévision France 3.

"Ce combat-là (offensive turque contre une milice kurde, ndlr) pourrait détourner les forces combattantes kurdes, qui sont au côté et très engagées au sein de la coalition à laquelle la France appartient, du combat primoridial (contre le terrorisme)", a-t-elle souligné.

"Ce sont les forces kurdes syriennes dont il s'agit, ne l'oublions pas, et il me semble que la préoccupation du président (turc Recep Tayyip) Erdogan ce sont les forces kurdes turques", a-t-elle ajouté.

Des militaires turcs sont entrés dimanche dans la région d'Afrine, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), alliés des Occidentaux contre l'EI mais qu'Ankara considère comme un prolongement du mouvement séparatiste kurde turc PKK.

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi appelé la Turquie à "agir avec retenue".

"La France est attentive à la sécurité de la Turquie, de son territoire et de ses frontières", a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay dans un communiqué.

"Elle appelle les autorités turques à agir avec retenue dans un contexte difficile où la situation humanitaire se détériore dans plusieurs régions de Syrie en conséquence des opérations militaires qui y sont menées par le régime de Damas et ses alliés", a-t-il ajouté.

Le ministère a aussi insisté sur "l'importance prioritaire de conduire à son terme la mission de la Coalition internationale contre Daech (acronyme arabe de l'EI)".

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s'est entretenu dimanche matin par téléphone de la situation avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu. M. Le Drian a par ailleurs demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour "évaluer les risques humanitaires" en Syrie.

Interrogée sur un risque que les Kurdes syriens ne soient in fine les laissés pour compte des intérêts divergents dans la crise syrienne, Florence Parly a répondu : "c'est évidemment ce que l'on ne souhaite pas mais pour l'instant il est trop tôt pour le dire".

Florence Parly s'est refusée par ailleurs à fixer une échéance pour la fin des opérations de la coalition internationale emmenée par les États-Unis contre l'EI, alors que le président français Emmanuel Macron a évoqué récemment le mois de février.

"Ca prendra sans doute encore un peu de temps", a-t-elle prudemment avancé en rappelant que si "Daech sur le terrain est défait", ses combattants "sont en train de rentrer dans la clandestinité".

"Ce qui est important maintenant, c'est de maintenir une stabilité suffisante pour qu'un processus politique s'enclenche, permettant de déboucher sur des élections. C'est ce qui en train de se passer en Irak où des élections sont programmées au mois de mai", a-t-elle souligné.

À la une

Retour à la page "Dernières Infos"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Taëf et le nouveau rapport de forces...

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué