Off-White, automne/hiver homme 2018-19. Photo DR
Off-White est une jeune griffe créée en 2013 par l’architecte américain d’origine ghanéenne Virgil Abloh. Floutant les lignes entre l’art et le street style, l’enseigne accumule les prix d’excellence depuis son arrivée dans l’industrie.
Entre mode et art contemporain
Dans le dictionnaire de Virgil Abloh, « Off-White » est moins une couleur qu’un concept : une zone grise entre le blanc et le noir. Dès le départ, cet ingénieur civil, qui a couronné ses études par un master en architecture à l’Illinois Institute of Technology sous la direction de Mies Van der Rohe, investit son talent dans tous les secteurs de la création. À peine diplômé, il est engagé comme directeur artistique auprès de Kanye West et de son groupe de réflexion créatif, Donda.
À la suite d’un projet artistique intitulé « Pyrex Vision », Virgil Abloh se lance dans la création d’une marque de vêtements masculins et féminins complétée par une ligne de meubles. L’étiquette Off-White est déjà sa signature. Très vite, en 2015, la marque fait partie des finalistes du prix LVMH. En 2016, Virgil Abloh est désigné par le Business of Fashion parmi les créateurs qui redéfinissent l’industrie mondiale de la mode. En 2017, il fait partie des cinq finalistes du prix Svarowski et présente sa collection masculine printemps/été 2018 au Pitti Immagine Uomo à Florence. En 2019, parallèlement à l’activité de Virgil Abloh dans la mode, une rétrospective de son œuvre artistique est programmée au Musée d’art contemporain de Chicago, Illinois.
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Le vêtement comme mode d’expression
Cela donne une idée de la dimension créative d’Off-White qui place le vêtement dans une dimension artistique lui permettant de refléter les interrogations et l’esthétique contemporaines. Ce qui explique et justifie le choix du Centre Pompidou pour la présentation de la collection de l’hiver prochain, bénie par la présence au premier rang de l’artiste japonais Takashi Murakami, créateur de célèbres collaborations avec Louis Vuitton. Coupes funambulesques, silhouettes raffinées sous les célèbres doudounes de la marque, tie and dye en nuages bleus sur blanc, typographies et hommages aux Beasty Boys, idoles d’Abloh en sa jeunesse fin de siècle, baskets Jordan One revisitées avec les motifs et les sangles de la collection, on peut dire que Virgil Abloh, fidèle à sa vision décalée, a une fois de plus traité le vêtement comme un mode d’expression par excellence. Baptisé « Business Casual », le défilé s’est ouvert sur la lecture d’un manifeste où le créateur dit refuser de s’identifier à son métier ou à n’importe quel autre en endossant le costume qui lui est attribué.
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