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Vingt personnes tuées dans des combats près de l'aéroport de Tripoli

Libye

Les combats interviennent à la suite de l'attaque d'un groupe armé non identifié qui visait "à libérer "des terroristes appartenant aux organisations État islamique (EI), el-Qaëda et à d'autres groupes".

 

OLJ/AFP
15/01/2018

Au moins 20 personnes ont été tuées lundi lors de combats entre forces de sécurité et un groupe armé qui a lancé une attaque contre l'aéroport international de Mitiga, près de la capitale Tripoli, ont indiqué les autorités.

Les assaillants, qui n'ont pas été identifiés, cherchaient à libérer "des terroristes appartenant aux organisations Etat islamique (EI), el-Qaëda et à d'autres groupes", détenus dans une prison sur le site de l'aéroport, a affirmé le gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, dans un communiqué.

Malgré une amélioration de la sécurité à Tripoli ces derniers mois, des combats éclatent sporadiquement dans le secteur de l'aéroport de Mitiga, au centre d'une lutte d'influence entre milices armées qui font la loi dans le pays plongé dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.
"La situation à l'aéroport de Mitiga est désormais sous contrôle", a annoncé dans un bref communiqué la force al-Radaa (dissuasion), qui dépend du ministère de l'Intérieur du GNA et est chargée de sécuriser l'aéroport.

Selon une source aéroportuaire, les forces pro-GNA ont réussi à repousser l'attaque et pourchassé les assaillants jusqu'à leur QG à une dizaine de kilomètres à l'est de l'aéroport.
Selon le ministère de la Santé, 20 personnes ont été tuées dans les violences et 63 personnes blessées, dont trois grièvement. Il n'a pas précisé s'il s'agissait de civils ou de militaires.

La direction de la Sécurité de Tripoli -qui dépend également du ministère de l'Intérieur- a indiqué que plusieurs assaillants avaient été appréhendés par les forces de sécurité.
Selon Al-Radaa, "plus de 2.500 personnes sont détenues pour des affaires diverses" à l'aéroport de Mitiga.

 

 

(Lire aussi : Tripoli demande la levée de l'embargo sur les armes)

 

Avions touchés
Mitiga est une ancienne plateforme militaire utilisée pour le trafic civil en substitution de l'aéroport international de Tripoli, gravement endommagé en 2014 par des combats.

"Les infrastructures de la base militaire et de l'aéroport sont sous contrôle et n'ont pas été endommagées", a assuré la direction de la Sécurité de Tripoli.
Une source aéroportuaire a toutefois indiqué que six avions de compagnies libyennes sur le tarmac avaient été touchés par balles.
Le GNA a condamné une "attaque préméditée mettant en péril la vie des passagers et la sécurité de l'aviation civile".

Plus tôt dans la journée, la direction de l'aéroport de Mitiga avait annoncé la suspension du trafic aérien alors que toutes les routes menant à la zone ont été coupées. On ignorait en milieu de soirée si ce trafic avait repris.
"Le personnel de l'aéroport et les passagers ont été évacués" dès que les combats ont commencé, a affirmé à l'AFP un pilote de ligne libyen sous le couvert de l'anonymat. "On a vu des chars dans le périmètre de l'aéroport", a-t-il ajouté.

 

Milices rivales
La Force de dissuasion al-Radaa est formée essentiellement de salafistes non jihadistes, principalement basés dans l'est de la capitale. Loyale au GNA, elle fait office de police et pourchasse à la fois trafiquants et personnes soupçonnées d'appartenir à l'EI.

Soutenu par la communauté international, le GNA est installé à Tripoli depuis près de deux ans mais peine toujours à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays, notamment en raison de la présence d'une autorité parallèle dans l'est.

A ce jour, seules les compagnies aériennes libyennes opèrent dans le pays, assurant des vols intérieurs et des liaisons régulières avec Tunis, Alexandrie (Egypte), Amman, Istanbul et Khartoum.
L'Union européenne a interdit toutes les compagnies libyennes dans son espace aérien pour des "raisons de sécurité".

Dans ce pays miné par les rivalités et les violences depuis la chute du régime Kadhafi après huit mois de révolte, l'ONU a défini un plan d'action qui prévoit des élections cette année. Mais le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, n'a jamais reconnu la légitimité du GNA issu d'un accord conclu en 2015 et parrainé par l'ONU.

 

Lire aussi
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Sarkis Serge Tateossian

La Libye, formée par une multitude de tribus.... qui va pouvoir les fédérer ?

Un nouveau dictateur ?
Une nouvelle branche de l’obscurantisme ?

On assiste à la mise en évidence de la preuve que la "Démocratie" (non pas occidentale, mais universelle) n'est pas exportable ...

La spécificité de certains pays est à tenir compte !

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